La vaccination contre le papillomavirus chez les jeunes, initiative devenue mixte : "autant de garçons que de filles se vaccinent"

D'abord recommandée pour les femmes, la vaccination contre le papillomavirus s'étend doucement chez les garçons. L'enjeu est considérable : lutter contre plusieurs cancers, notamment celui du col de l'utérus. Exemple à Tarbes (Hautes-Pyrénées), où de jeunes collégiens se font vacciner.

C'est une infection méconnue, et pourtant répandue qui peut provoquer de graves cancers. Le papillomavirus, une infection qui touche à la fois les hommes et les femmes, est pris au sérieux dans les Hautes-Pyrénées. Cette année, une campagne de vaccination se déroule auprès d'élèves de 5e de 21 collèges de Tarbes.

10% des collégiens vaccinés, "un bon taux d'adhésion" pour l'ARS

70 à 80% des hommes et des femmes sont infectés par le papillomavirus au moins une fois dans leur vie. La transmission des papillomavirus se fait par contact intime et peut avoir lieu tout au long de la vie. Chaque année, 6.400 cancers de ce type sont diagnostiqués en France.

La vaccination réalisée entre 9 et 14 ans offre une protection contre les formes les plus graves qui peuvent provoquer un cancer du col de l'utérus. Dans une grande salle d'un collège de Tarbes, les enfants se font piquer les uns après les autres. "On vaccine deux fois à six mois d'intervalle" précise le Docteur Manon Chollet-Souque, de la Communauté professionnelle territoriale de santé Tarbes Adour. "On a ciblé les 5es car ils sont dans l'âge pour être vaccinés."

Un peu moins de 10% des collégiens du département sont donc vaccinés. Ils recevront leur deuxième dose en mai ou juin. "C'est un bon taux d'adhésion car c'est une première campagne que l'on a organisé très vite pour que ça soit positionné sur l'année scolaire" estime Manon Mordelet, directrice de l'ARS Hautes Pyrénées. 

La France en retard par rapport à d'autres pays

D'où l'importance d'agir tôt, pour rejoindre des pays comme le Royaume-Uni ou la Suède, où le taux de vaccination atteint 80%. "Localement, on n'a pas senti de difficulés particulières" promet Anne Miquel Val, directrice des services de l'Éducation Nationale des Hautes-Pyrénées. "20% des collégiens acceptent d'être vaccinés. Nous espérons avoir une couverture vaccinale qui dépasse les 20% sur cette tranche d'âge."

Longtemps, la vaccination contre le papillomavirus était recommandée pour les femmes. Elle s'étend désormais chez les garçons. "Dans l'imaginaire du grand public, ces infections sont inhérentes aux femmes. Depuis quelques temps, l'information est passée. Autant de garçons que de filles viennent se faire vacciner" analyse Anne Miquel Val. 

70 à 80% des hommes et des femmes seront infectés par le papillomavirus au moins une fois dans leur vie. La transmission des papillomavirus se fait par contact intime et peut avoir lieu tout au long de la vie. Chaque année, 6.400 cancers de ce type sont diagnostiqués en France.

Une campagne similaire a lieu à Montpellier (Hérault) et Uzès (Gard). La vaccination permet d'être protégé à hauteur de 90%. Mais pour lutter contrer le papillomavirus, elle devra être davantage déployée, au-délà des Hautes-Pyrénées.