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L'office national des forêts en pointe dans la lutte contre la maladie de Lyme

Les tiques peuvent innoculer la borrélia, la bactérie responsable de la maladie de Lyme. / © France 3 Occitanie
Les tiques peuvent innoculer la borrélia, la bactérie responsable de la maladie de Lyme. / © France 3 Occitanie

Les cas de maladie de Lyme ne cessent d'augmenter en France. Pourtant, l'information du grand public sur les risques de cette maladie transmise par les tiques reste très modeste. L'Office national des Forêts où elle est considérée comme maladie professionnelle s'est engagé dans la prévention.

Par Laurence Boffet avec AFP

"C'est vraiment pris très, très au sérieux. On essaie d'éviter la piqûre de tique pour derrière, ne pas avoir à gérer toute cette maladie qui peut être invalidante". Pour Christophe Godet, responsable de la prévention et de la santé au travail à l'Office national des forêts (ONF), "cela fait 25 ans que l'ONF a pris en compte cette problématique". Régulièrement, il vient en forêt rappeler les consignes aux agents et vérifier qu'ils se sont bien équipés de guêtres, pantalons déperlants, chemises longues et claires et de gants. Il vient aussi leur rappeler qu'il faut être attentif pour éviter les piqûres de tique. Ce petit acarien qui vit dans les bois et les buissons humides se poste sur les herbes hautes pour ensuite s'accrocher aux êtres vivants de passage. Elle est parfois porteuse de la borrelia, cette bactérie responsable de la maladie de Lyme. 

A l'ONF, cette dernière est classée maladie professionnelle. C'est la première affection des agents. De quoi les inciter à faire des campagnes de prévention. Depuis 2017, ils apposent des panneaux à l'orée des forêts domaniales pour informer les promeneurs. Car si le gouvernement a bien initié un plan Lyme fin 2016, l'information à destination du grand public reste très modeste. 


Voir ici le reportage de Christine Ravier et Jack Levé :

 

Une maladie difficile à diagnostiquer

La maladie de Lyme peut mettre plusieurs années à se développer et atteindre des stades très graves, de la lésion cutanée à des douleurs articulaires permanentes, une faiblesse musculaire, une grande fatigue ou encore des troubles cardiaques ou neurologiques. Dans les stades les plus graves, le patient peut présenter des manifestations cutanées, articulaires ou neurologiques sévères.
La grande difficulté, dans l'appréhension de cette maladie, c'est d'une part qu'elle peut mettre longtemps à se déclarer mais d'autre part qu'elle présente bien souvent des symptômes communs à d'autres maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, par exemple. Elle est difficile à diagnostiquer mais les tests de dépistage en vigueur en France sont également contestés. Ils sont jugés peu fiables par les spécialistes qui estiment qu'ils ne permettent de diagnostiquer qu'une partie des cas atteints de la maladie.
 

Une avancée pour les malades ?

La Haute Autorité de santé (HAS) a reconnu mercredi l'existence de symptômes "persistants et non expliqués" chez des patients qui se disent victimes de la maladie de Lyme, sujet d'une controverse qu'elle a appelé à "dépasser" pour "proposer une solution à chacun". Pour tous les malades qui ont du mal à faire reconnaître leur maladie, c'est certainement une avancée.

Cette autorité indépendante, qui établit les bonnes pratiques de soins, était très attendue par des associations de malades. La HAS souhaite une "prise en charge thérapeutique globale optimale des patients atteints ou suspects d'être atteints d'une maladie à tiques, afin de répondre à la souffrance des patients dont certains se sentent victimes de déni ou de rejet, et d'éviter l'errance diagnostique et thérapeutique et ses dérives potentielles".
Certaines associations et des médecins réclament la reconnaissance de formes chroniques controversées de la maladie. La HAS décrit pour sa part "des personnes ayant été potentiellement exposées aux tiques" qui "présentent divers signes cliniques (douleurs musculaire, maux de tête, fatigue, troubles cognitifs), persistants, généralement diffus, non expliqués, pouvant être invalidants".
"En l'état actuel des connaissances, nous ne savons pas si ces signes sont dus à l'existence d'une borréliose de Lyme persistante (après traitement ou non) ou à d'autres agents pathogènes qui seraient transmis par les tiques", écrit-elle. "Il peut aussi s'agir d'autres maladies ou syndromes". Le risque est un "recours à des tests et des traitements inadaptés, non validés et potentiellement à risque d'effets secondaires". Or "même si les incertitudes scientifiques sont réelles, tous les patients doivent être pris en charge et entendus dans leur souffrance", selon la Haute Autorité.

Selon Santé publique France, entre 2009 et 2016, l'estimation annuelle des nouveaux cas de la maladie de Lyme a varié entre 26.146 et 35.369 en métropole. Mais le réseau de surveillance Sentinelles a estimé le nombre de nouveaux cas en médecine générale à 54.647 en 2016.

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