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Randonnée de l'été : dans les Pyrénées, la Brèche de Roland, un classique mythique

Une brèche de 40m de large surplombée de parois de 100m de hauteur. / © Serge Issaly / FrancetvInfo
Une brèche de 40m de large surplombée de parois de 100m de hauteur. / © Serge Issaly / FrancetvInfo

La Brèche de Roland, dans les Hautes-Pyrénées, surplombe le cirque de Gavarnie. Le lieu est connu dans le monde entier en raison de son classement au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est l'un des plus beaux itinéraires des Pyrénées. Reportage en images.

Par Emmanuelle Gayet

Niveau : randonneur habitué à la haute montagne
Lieu : Hautes-Pyrénées secteur de Gavarnie-Gèdre
Durée : 3h de montée et 2h de descente
Dénivelé : 600m
Distance : 11km
Altitude maximale : 2807 m
Carte IGN : IGN Top 25 n°1748 OT Gavarnie-Luz Saint Sauveur

Si l'on devait citer un lieu représentatif et emblématique de la chaîne des Pyrénées, la Brèche de Roland, serait à coup sûr dans le Top 5 des propositions. Ce lieu magique attire chaque année des milliers de touristes happés par cette brèche naturelle qui fait la jonction entre les versants français et espagnols de la chaîne.
Un tableau naturel et grandiose à 360°.
Brèche de Roland - 360°

C'est le trait d'union de deux territoires grandioses le cirque de Gavarnie et son pendant espagnol le canyon d'Ordesa. Des lieux protégés et situés respectivement dans le Parc National des Pyrénées et le Parc national Ordesa Mont-Perdu.

La randonnée est facile mais selon les conditions d'enneigement, des passages de névés peuvent exiger un peu d'attention.

Crampons et piolet sont nécessaires une grande partie de l'année pour aborder sereinement la balade. On s'est rendu compte sur place. Mi-juin, le parcours était presque entièrement enneigé.

Une mise en jambe confortable entre le col des tentes et le col de Boucharo

Depuis 2015, la route reliant le col des tentes (2208m) au col de Boucharo (2270m) est fermée à la circulation. Le départ se fait à pied, depuis le col des tentes qui offre déjà un joli point de vue sur le pic du Taillon et le premier tronçon de la randonnée.

L'ambiance est déjà à la haute montagne. La balade débute sur le sentier d'interprétation qui relie les deux cols. C'est le moment de se pencher sur la géologie, l'histoire et les légendes du site. Un peu de culture avant de débuter, un effort plus physique.

La route goudronnée sur 800m permet un accès aux personnes à mobilité réduite. Elle se prolonge par un sentier large, parfois encombré de rochers d'éboulement sur une distance équivalente. La montée, progressive permet de faire les premiers 60m de dénivelé jusq'au bol de Boucharo.
© Serge Issaly / France Télévisions
© Serge Issaly / France Télévisions

De Boucharo au pied de la cascade, un cheminement à flanc de montagne

Au port de Boucharo, plusieurs itinéraires, comme le panorama, s'ouvrent. C'est le point de départ vers San Nicolas de Bujaruelo, Escuzana en Espagne, ou vers d'autres randonnées sur le versant français dont le Casque du Marboré, la Faja de Las Flores.

Il faut vite emprunter le chemin qui débute à flanc de montagne en direction du cirque de Gavarnie pour échapper au vent souvent fort qui s'engouffre dans ce passage naturel.

La randonnée continue, environ une heure. La montée se fait progressivement jusqu'au pied de la cascade, dans un univers quasi exclusivement minéral qui offre une vue imprenable sur le Pic du Midi et surplombe le village de Gavarnie qui se trouve plus de 1000m plus bas sans que l'on puisse l'apercevoir. 

Le passage de la cascade, premier raidillon de la promenade

La pente se redresse brusquement au passage de ce premier verrou où coule une cascade. Un sentier tout en lacets débute après la traversée des différents filets d'eau quand la neige a disparu. Ce passage reste longemps enneigé en raison de son exposition au nord. Il peut s'avérer délicat en présence de glace et des ponts de neige.

Un effort d'une bonne demi-heure permet d'atteindre la crête d'où l'on aperçoit enfin le refuge de la Brèche de Roland, appelé aussi refuge des Sarradets et les murailles de la brèche qui surplombent le cirque 300m plus haut.

Comptez une heure pour gravir le passage. Mi juin, les crampons nous ont assuré une ascension sécurisée. Le passage n'est pas à proprement parlé technique, mais la présence de la neige est parfois délicate.
 
Le refuge de la Brèche de Roland (2587m) et sa nouvelle extension. / © Serge Issaly / France Télévisions
Le refuge de la Brèche de Roland (2587m) et sa nouvelle extension. / © Serge Issaly / France Télévisions

Le refuge des Sarradets, la pause avant l'ascension finale

C'est le moment de se restaurer avant de se lancer dans l'assaut final. Au vieux bâtiment a été ajoutée une extension. A terme, le refuge pourra accueillir 70 marcheurs par nuit. Le chantier a pris du retard et quelques dizaines de places seront possible seulement mi-août.

En plein coeur de l'été, des marmottes dodues sont nombreuses et viennent quémander des victuailles aux randonneurs. La vue est à couper le souffle. Les murailles du cirque écrasantes inquiètent les montagnards néophytes, sans qu'il y ait de véritable raison.

Un jour de beau temps, on retiendra la majesté du paysage. Sous un ciel gris, sa rudesse l'emportera. L'univers minéral de la haute montagne est là.

300 m de dénivelé presque tout droit

Pas après pas. On adopte un rythme lent et régulier pour avaler la pente raide. La brèche domine, elle vous tend les bras. Impossible de se tromper de chemin, sauf par mauvais temps. Un bon marcheur atteindra la frontière en une demi-heure. Les moins habitués, auront besoin d'une heure.

Pour faire des pauses et reprendre un souffle parfois court en raison de l'effort et des effets de l'altitude.
La montée est grisante et la promesse d'un paysage grandiose sur le canyon d'Ordesa est motivante. En plein coeur de l'été névés et passages en éboulis se succèdent jusqu'au goulet final.

Au printemps, le sentier enseveli sous la neige, est parcouru des traces laissées par les nombreux randonneurs. Ils forment une véritable chaine humaine à la belle saison.

Les derniers mètres se font sur un sentier granitique jusqu'aux 40 mètres de large encadrés de 100m de haut des parois, dimensions de la brèche.

Une entaille que l'on devrait, selon la légende, à Roland, au soir de Ronceveaux, il fendit cette muraille d'un seul coup avec son épée Durandal pour qu'elle ne tombe pas aux mains des Sarrasins, mais c'est le rocher qui se brisa, ouvrant la brèche de Roland. Roland aurait alors appelé l'archange Michel à l'aide, puis lancé son épée vers la vallée.

Un saisissant contraste entre les versants nord et sud

L'objectif est atteint. La récompense est là. Le tableau espagnol est saisissant de beauté, il se distingue par son canyon surdimensionné, par son aspect aride, plus sec, et les vires qui conduisent au Mont Perdu.

Une des stars de la chaîne culminant à plus de 3355m. De l'autre côté, le cirque de Gavarnie en France, rivalise de majesté. Garde sa superbe avec ses parois vertigineuses, ses hauts plateaux et sa cascade de 400m de haut. 

Quelques conseils avant de mettre le sac sur le dos

Comme toute randonnée en montagne, celle-ci se prépare. Conditions physiques, matériels et météo sont les trois ingrédients indispensables dont il faut s'occuper. 
Le parcours est facile pour une personne qui a l'habitude de la montagne. Il se déroule en moyenne et haute altitude, les dangers de la montagne sont présents et il faut en tenir compte. Notamment les conditions d'enneigement. Au printemps, la marche avec des crampons est conseillée (la balade est donc plus physique et il faut compter une demi-heure de plus). Un piolet peut s'avérer utile si les névés sont gelés.
Le refuge de la Brèche est toujours en travaux. Il faut donc prévoir un aller-retour dans la journée.

Pour les plus sportifs, le pic du Taillon est à portée de main de la brèche soit 300m de dénivelé supplémentaires. Il faut prévoir une heure de montée et presque autant de descente pour atteindre ce 3000, un des plus abordables de la chaîne car il n'offre aucune difficulté technique. Il culmine à 3144m.

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