Covid 19 : "On le ressent sur le nombre de personnes hospitalisées" : une nouvelle vague en cours en France, le nombre de cas sans doute "sous-estimé"

Une nouvelle vague de Covid-19 est en cours depuis environ quatre semaines sur l'ensemble du pays, notamment en Occitanie. L'infestiologue Charlotte Boullé indique que le ressenti se ressent sur les hospitalisations.

L'épidémie de Covid-19 est de retour en ce mois de décembre sur l'ensemble du territoire national, notamment en Occitanie. Selon les données du réseau Oscour (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences) en Occitanie, sur 10 000 passages aux urgences, 125 étaient dues au Covid-19 durant la semaine du lundi 4 au dimanche 10 décembre 2023, contre 111 au niveau national. 

À l'échelle de la France, pour la semaine du 27 novembre au 3 décembre, le taux d'incidence du Covid-19 (nombre de nouveaux cas observés pour une maladie sur une période donnée) était de 117 pour 100 000 habitants, soit une hausse "supérieur à 3" en quatre semaines, selon les données du réseau Sentinelles (réseau de recherche et de veille sanitaire). 

"Il y a une remontée de l'épidémie depuis la précédente vague, qui date d'il y a environ six semaines, confirme Charlotte Boullé, infectiologue au service des Maladies infectieuses et tropicales du CHU de Montpellier et chercheuse rattachée à l'université de la ville. 

On le ressent depuis environ quatre semaines sur le nombres de personnes hospitalisées en raison du Covid"

Charlotte Boullé, infectiologue

Cette dernière décrit des chiffres "parmi les plus hauts de ce que l'on ait eu", notamment en ce qui concerne la détection par les médecins traitants. 

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Comme la précédente vague, la chercheuse estime que celle-ci reste sous-estimée, en raison de tests qui détectent plus difficilement la pathologie. Les cas graves restent cependant faibles.

Un nouveau variant en circulation

Pour l'épidémiologiste, l'une des particularités de cette vague est l'apparition d'un nouveau variant. "Depuis cet été, le variant EG 5.1 circulait en majorité. Il s'agit désormais d'une sous-lignée du variant BA.2.86 (surnommé Pirola), qui est nommé JN.1, précise Charlotte Boullé. Un changement qui demande selon elle "une surveillance, sans affolement", notamment car le vaccin actuel a été réalisé en fonction d'un autre variant. 

Si l'épidémie de Covid-19 n'a pas de "saisonnalité franche", elle connaît désormais des "vagues régulières". Celle-ci n'est cependant pas la seule épidémie en cours. "Cela concerne en ce moment la bronchiolite, mais aussi des mycoplasmes (bactérie qui peut être à l'origine d'infections des voies respiratoires, NDLR) ou encore du Virus respiratoire syncytial". Selon les données de l'Agence régionale de santé du 30 novembre, la bronchiolite était à cette période dans sa quatrième semaine épidémique. 

Face aux risques d'infection, la chercheuse rappelle l'importance de certains gestes, notamment le port du masque en cas de symptômes, ou encore l'aération régulière des pièces.