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Etang de Thau : on connaît les raisons de la surmortalité des huîtres

© Raphaël Labbé/Creative Commons
© Raphaël Labbé/Creative Commons

Des chercheurs de l'IFREMER, du CNRS et de l'Université de Montpellier viennent de démontrer qu'une attaque virale suivie d'une prolifération de bactéries était à l'origine de la surmortalité des huîtres sur l'étang de Thau et dans de nombreux pays. Une étape clé dans la lutte contre ce fléau.

Par Valérie Luxey

C'est une découverte clé que l'ont doit aux chercheurs de l'IFREMER, du CNRS et de l'Université de Montpellier, emmenés par les scientifiques régionaux Julien de Lorgeril, Aude Lucasson et Guillaume Mitta. Ils viennent de mettre en évidence l'origine de la surmortalité des huîtres. Un fléau qui touche depuis 10 ans l'étang de Thau, dans l'Hérault, mais pas seulement.
 

Attaques virales et bactériennes foudroyantes


Le scénario qu'ils dessinent dans leur étude, publiée dans la revue Nature Communications, est celui d'une attaque virale suivie d'une prolifération de bactéries. Dans un premier temps, le virus s'introduit dans l'huître juvénile. Il s'y développe en 24 à 48 heures. Une fois que les défenses de l'huître sont affaiblies, des bactéries pathogènes prolifèrent alors dans l'animal, entraînant sa mort dès 68 heures après l'infection virale.
 

Quand le virus a répliqué, l'huître ne peut plus lutter


Les scientifiques ont étudié des familles d'huîtres dites "résistantes", c'est-à-dire issues de parents ayant déjà survécu à la maladie, mais aussi des familles dites "sensibles", issues de parents n'y ayant jamais été exposés.

Ces chercheurs ont découvert que :
 

Les huîtres résistantes, contrairement aux sensibles, parviennent à juguler l'infection virale dans leurs tissus, en réduisant la réplication du virus. Elles ne connaissent donc que peu, ou même pas de flambée bactérienne ensuite. A l'inverse, les huîtres sensibles développent bien une réponse antivirale forte, mais trop tardive. Quand le virus a commencé à se répliquer, l'huître ne peut plus lutter.


Guillaume Mitta, de l'université de Perpignan via Domitia, qui a participé à cette étude, précise l'importance de cette découverte :
 

L'étape préalable à la mise en place de solutions pour lutter contre un phénomène est de le comprendre.

 

Tous les continents touchés


Depuis 2008, la filière ostréicole enregistre d'importants taux de mortalité dans les naissains et sur les jeunes huîtres : la France a perdu jusqu'à 75%
de ses juvéniles certaines années. Toutes les zones ostréicoles françaises sont touchées mais aussi celles d'autres pays d'Europe (Irlande, Espagne, Italie, Angleterre) et d'autres d'autres continents (la Chine, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, et la Corée du Sud sont également concernées).
 

Une origine polymicrobienne


La maladie s'attaque aux huîtres d'élevage et sauvages et en particulier aux jeunes. Cette étude invalide l'hypothèse émise jusqu'à présent sur une origine
unique de la maladie, comme l'herpès virus OsHV-1 ou encore des bactéries du genre vibrio.
 

L'intensité du virus varie selon la température de l'eau


Les premières étapes de lutte contre la surmortalité des huîtres consistera donc dans un premier temps de développer des mesures qui permettront de limiter le développement viral chez les coquillages cultivés en milieu naturel, sachant notamment que la réplication intense du virus se produit dans des eaux comprises entre 16 et 24°C et que "elle décroît au fur et à mesure que l'huître avance en âge", toujours selon Guillaume Mitta.

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