Frontignan : les riverains des Aresquiers à nouveau sommés de quitter leurs maisons

Frontignan (Hérault) - les cabanes des Aresquiers au bord du canal - archives / © F3 LR
Frontignan (Hérault) - les cabanes des Aresquiers au bord du canal - archives / © F3 LR

Nouvel épisode dans le conflit entre l'Etat et les riverains des Aresquiers, dans l'Hérault. 29 propriétaires de ces maisons de pêcheurs situées en zone inondable étaient assignés en justice ce matin, à Montpellier. Ces riverains refusent toujours d'évacuer les lieux.

 

Par Isabelle Bris

29 propriétaires de maisons de pêcheurs situées aux Aresquiers, dans l'Hérault dans une zone déclarée inondable en  2012 près de Frontignan, étaient donc assignés en référé ce matin au tribunal de Grande Instance de Montpellier.

Ces riverains auraient du évacuer les lieux depuis la mi septembre, comme le réclamait le Préfet de l'Hérault.

Le dossier étant complexe, la justice rendra sa décision le 23 janvier prochain.


Nouveau report


C'est donc un nouveau report dans cette affaire qui s'éternise devant les tribunaux, un nouveau sursis pour ces riverains qui sentent, de plus en plus, l'étau se resserrer contre eux. 

Soulagés ? Non mais nous sommes toujours combatifs pour essayer de sauver nos cabanes qui existent depuis 100 ans...On résiste ! affirme  Jacky Campla, président de l'association des riverains.

Les cabanes des Aresquiers ont entre 50 et 150 ans, mais les familles vivant au bord du canal n'ont jamais été propriétaires des terrains sur lesquels ont été construites leurs maisons.


5 ans de bras de fer avec l'Etat 


Au départ, le conflit concerne 32 maisons, construites sur le domaine privé de l’Etat, à qui les autorités ont alloué des autorisations temporaires. 12 sont habitées à l'année.

Les Voies Navigables de France refusent de renouveler ces autorisations depuis 2015 car la zone étant inondable, il y aurait, selon les services de VNF, un risque de submersion. Ce que réfutent les habitants du secteur depuis toujours.

L'affaire a donc été portée en justice : si, en mai 2017, le tribunal administratif de Montpellier a donné raison à VNF, la Cour d'Appel de Marseille, elle, lui a donné tord deux ans plus tard. 

Les riverains des Aresquiers ont donc pu souffler un peu dans cette bataille judiciaire. 
 

Mais la balle a donc été renvoyée dans le camp de l'Etat. En août 2019, le Préfet de l'Hérault a fait savoir par courrier aux riverains qu'ils étaient expulsables au 15 septembre 2019.

Les riverains ayant, comme d'habitude refuser de quitter leur maisons, ont donc été assigné en justice ce jeudi matin au TGI de Montpellier.
 

On sent que le danger se rapproche, on est dans un stress permanent,


"Moi, je suis à la retraite dans quelques mois et je me fais du soucis ! Nous, on a travaillé toute notre vie pour se payer une petite maison et à l'âge de la retraite, on nous met dehors comme des squatteurs, comme des malpropres alors qu'on a toujours tout payé comme tout propriétaire, en payant en plus une taxe domaniale !" s'insurge Claudine Laberenne, qui vit aux Aresquiers depuis 1985.

La détresse de ces riverains est d'autant plus forte que certaines cabanes des Aresquiers ont déjà été murées par VNF. 

 

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