Hérault : une carrière historique de Thézan-lès-Béziers se voit refuser une nouvelle extension

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Écrit par Mélisande Queïnnec
La carrière de Thézan-lès-Béziers évacue des terres arables depuis 50 ans. Vue satellite google - archives.
La carrière de Thézan-lès-Béziers évacue des terres arables depuis 50 ans. Vue satellite google - archives. © Capture d'écran Google Maps

A Thézan-lès-Béziers, au Nord de Béziers, plus de 250 hectares de terres arables ont déjà été extraits par la société Castille. La municipalité a finalement refusé la dernière demande d’extension de la sablière héraultaise, une victoire pour les viticulteurs et l'environnement.

Les viticulteurs du biterrois étaient engagés depuis des années pour faire cesser l’exploitation et l'extraction des terres arables par la société Castille. Depuis cinquante ans, le site au bord du fleuve Orb évacuait des terres agricoles de bonne qualité. L’ensemble des extractions de ces sous-traitants de Colas ont impacté près de 20% de la surface communale, selon France Bleu Hérault.

Mais ce 26 octobre 2021, pour la première fois depuis cinq décennies, la nouvelle extension réclamée par Castille a été refusée par la mairie. En cause : la modification du Plan local d’urbanisme, votée en 2020. L’extension demandée aurait en effet mené la carrière bien trop près des frontières de la commune.

"Le périmètre acceptable a été atteint", a expliqué le maire, Alain Duro, à France Bleu. "Sur le plan environnemental, ce n’était plus possible. On est conscient des conséquences économiques, mais Thézan-lès-Béziers a donné pendant des décennies", a-t-il souligné.

"C’est allé trop loin"

Exploitée depuis des années par Colas, l’une des entreprises leaders du secteur des travaux publics, la carrière de Thézan-lès-Béziers a intensément changé le paysage. Des trous de quinze mètres de profondeur s’amoncellent désormais autour de la commune.

De quoi faire réagir les viticulteurs, qui s’opposent au projet dès 2016, justifiant leur mobilisation par la disparition des terres agricoles, il en resterait aujourd’hui 600 hectares. L’association de protection de l’environnement et paysages thézanais rallie alors élus et riverains, et tente d’alerter l’opinion publique.

Cinq ans plus tard, la mobilisation a enfin porté ses fruits. "C’était allé trop loin", explique Michèle Prades, viticultrice au domaine Lévéjean à Thézan-lès-Béziers, à France Bleu. Évoquant des paysages "lunaires" laissés à la vue des passants et habitants - et les petits lacs artificiels, tout autour de l'Orb, conséquences directes de l'extraction de la terre.

Nouveaux défis

"Le paysage est défiguré", insiste la vigneronne que nous avons pu joindre. "Le problème des carrières alluvionnaires [une carrière terrestre d'exploitation de matériaux type sable ou graviers comme celle-ci, ndlr], c'est qu'elles détruisent une grande partie de la surface du territoire." Et l'impact sur l'attractivité de la commune est sans précédent. "Les gens aspirent à vivre dans nos villages qui grossissent et offrent un cadre de vie.".

En 2018, Castille comptait 28 salariés sur huit établissements différents dans l’Hérault. Ceux de Thézan-lès-Béziers devraient être reclassés sur d’autres sites de production et la carrière fera office de simple espace de stockage.

Avant cela, le lieu désormais laissé à l’abandon devra être réhabilité, un parc photovoltaïque a par ailleurs déjà été aménagé. Mais la réhabilitation complète sera longue et devrait poser quelques défis. "Contrairement aux carrières en montagne", aujourd'hui boudées par les grandes entreprises du BTP, souligne Michèle Prades.

En attendant, particuliers et entreprises viennent déjà abandonner leurs détritus au milieu des dunes de la sablière. De carrière alluvionnaire à décharge à ciel ouvert…

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