"Si ça piquait moins, j’aurais aimé plus", à la cantine, les enfants de Lunel se transforment en jurés culinaires

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Écrit par Ophélie Le Piver

A Lunel, une cinquantaine d’enfants jouent les testeurs culinaires pour la restauration scolaire. Un moyen astucieux, pour le groupe Elior, de sélectionner les prochains menus des cantines à Lunel comme dans le reste de la France.

Les petits visages sont concentrés, à l’écoute de leur palais et de leurs papilles. Testeur culinaire, l’exercice n’est pas si simple lorsque l’on est âgé de 6 à 12 ans. “Le premier, c’était bon et c’était joli, c’était tout !”, s'enthousiasme un apprenti testeur. “Et l’autre c’était pas très beau”. Le moment est à la fois ludique et sérieux. Les cinquante convives sont appliqués. Certains analysent chaque plat avec des avis bien tranchés : “à chaque fois que je mets une bouchée, ça pique dans ma bouche, si ça piquait moins, j’aurais aimé plus”, “je n’aime pas trop, je ne sais pas… c’est le goût, il y a un arrière goût, je n’aime pas."

Huit plats tests pour ces apprentis critiques culinaires

Au total, huit plats sont proposés à la dégustation. Des recettes nouvelles créées pour l’occasion, comme par exemple un émincé de pois cassés, blé et carottes. Cette opération est organisée par le prestataire de la restauration scolaire de Lunel. Elle lui sert à tester de nouveaux menus. “Les tests convives nous servent à savoir si on a eu raison ou si on a eu tort de faire de l’innovation culinaire”, explique Sylvain Chevalier, le responsable de l’innovation culinaire du prestataire. “L’enfant, si vous lui demandez ce qu’il aime, souvent il répond des pizzas, des frites, des kebabs. Ca on le sait, on n’a pas besoin de le tester. Notre boulot à nous au quotidien c’est de trouver, d’essayer de faire en sorte qu’il apprécie des choses qu’il n’a pas l’habitude de manger.” Et parfois, ces innovations culinaires sont l’occasion de belles découvertes pour tous les enfants comme un gâteau flageolets-poires en dessert. “Le gâteau est trop bon”, se régale une fillette. “Trop, trop bon ! c’était moelleux, c’était doux, j’ai trop aimé !”

Finalement, les choix de ces experts en herbe devraient bientôt se retrouver dans les menus des onze cantines de Lunel et plus largement dans les assiettes d’un million d’écoliers en France.