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Faible mobilisation des enseignants en grève dans l'académie de Montpellier

Manifestation des enseignants à Perpignan 3 février 2015 / © France 3 LR
Manifestation des enseignants à Perpignan 3 février 2015 / © France 3 LR

Seuls 8 % d'enseignants des écoles primaires, collèges et lycées de la région sont en grève depuis ce matin selon le rectorat. Une grève à l'appel de la FSU pour réclamer l'amélioration des conditions de travail mais aussi davantage de formation et une revalorisation salariale. 

Par Armelle Goyon

"C'est un premier coup de semonce", relativise la FSU, qui dénonce en France des "classes parmi les plus chargées" parmi les écoles européennes, une "faible rémunération des enseignants et la déshérence de sa formation continue". "Il y a urgence à apporter des améliorations", martèle le syndicat.

D'après le SNES FSU de l'académie de Montpellier, la mobilisation a été particulièrement forte dans certains collèges. Ainsi à Quillan dans l'Aude, 15 personnes sur 18 sont en grève. Bonne participation également au collège de Pignan dans l'Hérault où 31 personnes sur 35 sont en grève. " La mobilisation est plutôt satisfaisante dans les collèges qui souffrent de dotations négatives, nous avons 9 postes en moins dans l'académie " analyse Arnaud Roussel, co-secrétaire académique au Snes Fsu. 

Cette grève intervient deux mois après des mobilisations contre des sorties de collèges de l'éducation prioritaire et alors que les rectorats dévoilent en ce début d'année les moyens (classes pour le primaire, nombre d'heures de cours pour le secondaire) attribués aux établissements pour la rentrée 2015, explique Bernadette Groison, secrétaire général de la FSU.

Journée test 
Mais elle intervient aussi près d'un mois après les attentats parisiens, et les incidents survenus dans plusieurs établissements au cours de la minute de silence en hommage aux victimes. La mobilisation a été décidée en janvier "avant les attentats", souligne Bernadette Groison.
"C'est une grève difficile, on ne va pas le cacher, personne ne pouvait se douter qu'on commencerait l'année aussi douloureusement." "On a le sentiment qu'aujourd'hui, on n'avance pas assez vite sur les décisions à prendre pour le système éducatif, que le souffle avec la refondation de l'école est en train de tomber. On ne sait pas sur un certain nombre de mesures où on va",
explique-t-elle à l'AFP.

Sur le terrain, "beaucoup de personnels ne voient pas au quotidien les mesures concrètes". Si les 60.000 postes promis sur le quinquennat "ont été en partie créés, ils sont absorbés en grande partie par la formation" initiale des enseignants et par "la hausse démographique" des élèves, pointe la dirigeante syndicale.

La grève constitue "une journée test assez classique", qui permet de voir s'il y a une possibilité de mobilisation plus large, estime Laurent Frajerman, chercheur à l'institut de recherches de la FSU et au Centre d'histoire sociale de Paris I. Depuis l'élection de François Hollande, il y a eu une déception chez les enseignants, qui votent plutôt à gauche, et elle peut se cristalliser dans l'action comme dans un attentisme, fait valoir l'auteur de "La grève enseignante".

La FSU revient à "l'appel régulier à la grève, sans concertation, sans objectifs et sans espoir", critique de son côté le Sgen-CFDT, soulignant que "faire grève est un sacrifice pour les salariés qui y perdent une journée de salaire".



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