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Le gigantesque centre commercial "Ode à la mer" à Montpellier en quatre points

Le projet Ode à la mer a reçu vendredi le feu vert de la Commission nationale d’aménagement commercial. Ce futur pôle devrait accueillir 61.000 m2 de commerces au sud-est de Montpellier. Mais ses nombreux opposants promettent d’utiliser tous les recours possibles.
Le projet commercial Ode à la mer devrait aboutir en 2019. - Juillet 2015
Le projet commercial Ode à la mer devrait aboutir en 2019. - Juillet 2015 © France 3 LR
La Commission nationale d’aménagement commercial a rendu vendredi 17 juillet un avis positif sur le projet de centre commercial Ode à la mer, au sud-est de Montpellier. Mais les commerçants du centre ville continuent de protester.

Qu’est-ce que le projet Ode à la mer ?


Ode à la Mer est un projet de renouvellement urbain lancé par Montpellier Métropole, sur 250 hectares le long de la route de la Mer. Ce territoire concerne les communes de Montpellier, Lattes et Pérols.

Le centre commercial au cœur du débat concerne une partie de ce grand programme et se nomme précisément "Ode Acte 1".

Visuel du projet commercial Ode à la mer à Montpellier. Juillet 2015
Visuel du projet commercial Ode à la mer à Montpellier. Juillet 2015 © Visuel Montpellier Agglomération

C’est le promoteur Frey qui a décroché le contrat. Le groupe prévoit d’investir 200 millions d’euros pour faire sortir de terre un complexe commercial de 61.000 m2, assorti d’un parking de 2.500 places.

A quoi ça sert ?


La métropole a acheté les terrains en 2006. Le dossier est ensuite porté par l’ancien président de l’agglomération Jean-Pierre Moure.

Les élus de la Métropole justifient ce projet par un transfert des zones commerciales Fenouillet et Solis, devenues vétustes et situées en zone inondable. A terme, il faudra donc déplacer ces différents pôles. En janvier dernier cependant, le groupe Frey a concédé que le taux de commerces transférés atteindrait seulement 70 %.

Ode à la mer a ainsi vocation à recentrer les activités sur un même endroit. Selon la Métropole toujours, le chantier devrait créer 2.500 emplois sur deux ans, puis 1.800 nouveaux emplois après l’ouverture prévue en 2019.

Qui s’y oppose et pourquoi ?


Si Ode à la mer a autant de détracteurs, c’est parce que le sud-est de l’agglomération de Montpellier offre déjà de nombreux pôles commerciaux, dont le dernier en date, Odysseum, avait déjà marqué les esprits par son ampleur : 45.000 m2.

Les commerçants craignent pour leur activité dans le centre ville, déjà en souffrance selon eux.

Reportage de Florent Hertmann et Juliette Morch.
durée de la vidéo: 01 min 55
Polémique à propos du projet commercial de l'Ode à la mer à Montpellier

Du côté des écologistes aussi, Ode à la mer déplaît. L’association "Non au béton" estime que la construction des bâtiments fragiliserait l’écosystème de la zone. Manuel Reynaud, ex-secrétaire Europe-Ecologie-les-Verts, dénonce un "projet absurde", qui surpasse la demande des consommateurs du bassin montpelliérain.


Peu de recours ?


Les recours pour empêcher le projet se déposent auprès des commissions de l’aménagement commercial.

En février dernier, la Commission Départementale de l’aménagement commercial (CDAC) de l’Hérault a autorisé le projet de zone d’activité Ode à la mer.

Les CDAC acceptent très majoritairement les dossiers qu’elles reçoivent. En 2015, la CDAC de l’Hérault a reçu 15 demandes. Sur les 11 dossiers qu’elle a traités depuis janvier, un seul a essuyé un refus, un autre a été retiré.
Les opposants ont ensuite saisi la Commission Nationale de l’aménagement commercial (CNAC). Mais celle-ci a validé vendredi 17 juillet la décision de la commission héraultaise.

Les motivations de la décision de la CNAC seront publiées d'ici quelques semaines. La densité élevée de pôles commerciaux autour de Montpellier ne fait cependant pas partie des critères. La question de la concurrence entre entreprises n’est plus prise en compte par les commissions depuis la loi de modernité économique (LME) de 2008.

Prochaine étape pour les requérants : la cour d’appel administrative de Marseille, avant peut-être le Conseil d’Etat.
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