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Lycéennes nigérianes : Montpellier rejoint la mobilisation internationale

#BringBackOurGirls, en français : Rendez-nous nos filles, le slogan de twitter est désormais affiché sur la façade de la mairie de Montpellier dans l'Hérault. Philippe Saurel a inauguré une banderole sur le fronton de l'hôtel de ville ce samedi matin en soutien aux lycéennes enlevées au Nigéria.
La banderole de soutien aux 223 lycéennes nigérianes enlevées par la secte islamiste Boko Haram est sur le fronton de l'hôtel de ville de Montpellier
La banderole de soutien aux 223 lycéennes nigérianes enlevées par la secte islamiste Boko Haram est sur le fronton de l'hôtel de ville de Montpellier © Franck Detranchant

L'action de la municipalité montpelliéraine s'inscrit dans le cadre de la campagne internationale pour la libération des 223 lycéennes nigérianes kidnappées par le groupe islamiste terroriste Boko Haram.

276 lycéennes ont été enlevées le 14 avril 2014 par le groupe islamiste Boko Haram, qui a pris d’assaut leur établissement scolaire public de Chibok dans le nord-est du Nigéria. Quelques dizaines ont réussi à s’enfuir. 223 jeunes filles sont toujours prisonnières.

Les images de la banderole de soutien installée sur la façade de la mairie de Montpellier : 

durée de la vidéo: 00 min 30
Soutien aux lycéennes nigérianes à Montpellier


La mobilisation internationale a été lente, elle n'a débuté que plus de quinze jours après l’enlèvement, mais elle a pris une telle ampleur, grâce aux réseaux sociaux, qu’elle a obligé les gouvernements à réagir.

Au départ, il y a eu des manifestations de quelques centaines de personnes, à Lagos et Abuja, la capitale du Nigeria. Dans l’indifférence quasi générale de la communauté internationale, et même du gouvernement nigérian.

Puis les manifestants et les familles des victimes se sont emparés de Twitter pour se faire entendre, avec un seul signe de ralliement : #BringBackOurGirls (« rendez-nous nos filles »).
Ce hashtag a rapidement conquis la Toile et a été tweeté près de 2 millions de fois depuis le 1er mai, avec une moyenne de 2 500 mentions à l’heure, selon le Parisien.

Depuis internautes et personnalités les plus diverses y vont de leur message et posent avec la pancarte #BringBackOurGirls sur Instangram : le rappeur Chris Brown, Michelle Obama, la 1ère dame américaine, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, l'actrice Angelina Jolie ou la starlette Kim Kardashian pour n’en citer que quelques-uns.

La France n’est pas en reste : les politiques aussi s’en donnent à cœur joie sur les réseaux sociaux. Et deux manifestations ont eu lieu à Paris mardi 13 mai, avec de nombreuses artistes et personnalités françaises, majoritairement des femmes.

Sur Twitter, la ministre des droits des femmes, Najat Vallaut-Belkacem, affirme que la France « ne les laissera pas tomber », la garde des sceaux, Christiane Taubira, brandit la petite pancarte contre les « obscurantistes ».

Amnesty International a créé un tumblr qui propose aux internautes de poster leur propre photo en soutien aux familles des otages nigérianes. Et Une pétition, visant à pousser le gouvernement nigérian et la communauté internationale à mobiliser des moyens pour retrouver les jeunes filles, a déjà recueilli près de 800 000 signatures.

L’ampleur du mouvement sur les réseaux sociaux a été telle que les médias traditionnels ont relayé une information jusqu’alors jugée non prioritaire. Et les politiques du monde entier ont réagi à la mobilisation massive.

Quatre pays ont déjà proposé leur aide au gouvernement nigérian, pratiquement tous en même temps : les USA ont envoyé des experts, tout comme le Royaume-Uni. La France a mis à disposition une équipe spécialisée pour aider aux recherches et la Chine s’est engagée à transmettre au Nigéria les informations utiles dont disposent ses services de renseignement.

Sur place, le gouvernement nigérian, vivement critiqué par les citoyens compte tenu de l’absence de résultats des forces armées du pays après plusieurs jours de recherches, est également monté en puissance en offrant 215 000 euros aux personnes disposant d’informations pour retrouver les adolescentes.

Des mesures apparemment encore insuffisantes : les 223 lycéennes sont toujours introuvables.
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