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Une première journée d'audience et des milliers de munitions

Sur le banc des prévenus / © PASCAL GUYOT / AFP
Sur le banc des prévenus / © PASCAL GUYOT / AFP

Les milliers de munitions détenues de façon illicite étaient au centre de la première journée du procès des paras du 3e RPIMa. Si la responsabilité du sergent Vizioz est clairement reconnue, il est bien plus difficile de comprendre comment étaient gérées les munitions de l'unité d'élite.

Par Laurence Creusot


Une unité d'élite, des hommes particulièrement efficaces, "archi-méticuleux", super entraînés, super conditionnés mettant leur vie en jeu. D'emblée, on ressent à l'audience, le caractère exceptionnel de ses militaires du groupement commando de parachutistes dont on juge le degré de responsabilité dans le drame de Carcassonne. Tous très bien notés par leur hiérarchie note le président.

Le premier d'entre eux  Nicolas Vizioz celui qui a tiré à balles réelles s'exprime parfaitement. Il raconte le besoin d'être toujours opérationnel, sa fierté d'avoir appartenu à ce groupe d'élite. Il a été révoqué. L'ancien lieutenant Christophe Allard  glisse qu'il est encore pompier volontaire pour se rendre utile. Le troisième : Hugues Bonningues répète en boucle ses missions Côte d'ivoire, Afghanistan, Gabon, Tchad comme pour mieux éloigner Carcassonne.

"Nous consommons énormément de munitions"

Oui mais combien ? Ces tireurs d'élite sont au dessus des réglementations. Ils prennent quelques libertés avec les bulletins de transfert de munitions. Jamais remplis, jamais complets. Ils conservent même les munitions non utilisées après l'entraînement.
Il y aussi la réserve dans le local informatique enfermée à double tour et ses 5 200 munitions. Stock illicite mais parfaitement connu. Indispensable, pour rester mobilisés .Obligatoire, pour tester le matériel avant de partir en mission dans les heures qui suivent. 
Les paras sont  nettement plus moins à l'aise avec le stock enterré sous l'estrade, transféré dans trois camions deux jours après le drame. Des cartouches des grenades et même des explosifs.
L'un des prévenus parle "d'excès de confiance" de la part de son camarade Vizioz. 
Un excès d'assurance que traduit parfaitement le St Cyrien, le capitaine Pothier devenu lieutenant colonel, le seul à avoir été blanchi par le commandement militaire après le drame. Jean Baptiste Pothier ne relève aucune faute d'organisation. Si cela était à refaire il le referait dans les mêmes conditions. La preuve : il n'y a pas de risque avec des balles à blanc...

Des munitions dans leur chair

Mais qu'en pensent les victimes massées au fond de la salle ? Certaines portent encore des séquelles dans la démarche ou le regard. Un dimanche de juin, elles étaient venues en familles voir les paras à la parade.
Elles retiendront peut-être les paroles du sergent Vizioz : "Certaines victimes m'ont pardonné et c'est courageux car si cela m'était arrivé à moi je pense que jamais je n'aurais pardonné au sergent Vizioz" 

On les entendra demain si le lieutenant colonel Lionel Peyre et le colonel Frédéric Merveilleux de Vignaux leur en laissent le temps. Le Général Duquesne lui, est absent est reparti sur un théâtre d'opération au Congo.

Il faudra encore attendre un mois pour connaître le jugement après l'audience qui s'achève vendredi et ce tribunal a déjà fait comprendre qu'il n'était pas compétent en matière d'indemnisation : "c'est une question administrative a expliqué le président"

Revoir le live de la première journée

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