Les 800 ans de la faculté de médecine de Montpellier : sur les pas de François Gigot de Lapeyronie, père de la chirurgie

Publié le Mis à jour le
Écrit par Josette Sanna et Caroline Agullo

Pour l'anniversaire de la pionnière des universités de médecine, portrait de Francois Gigot de Lapeyronie, considéré comme le père de la chirurgie moderne. Ce Montpelliérain d'une intelligence remarquable, a joué un rôle central pour intégrer la chirugie au corps médical au XVIII ème.
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Vous connaissez l'hôpital Lapeyronie mais connaissez-vous l'homme qui se cache derrière ?

Trois siècles après sa mort, nous sommes allés sur les traces de François Gigot de Lapeyronie..

A l'entreé de la faculté de médecine de  Montpellier, sa statue de bronze accueille les étudiants.

Barbier... Chirurgien

Raymond, son père était Barbier-chirurgien, il assurait aussi bien  les petits actes chirurgicaux  que la taille de la barbe et la coupe de cheveux des clients. Dans la boutique de son père, Francois développe le goût de la chirurgie .

Sans formation

Difficile de l'imaginer aujourd'hui, mais la chirurgie était autrefois une discipline réservée à des praticiens sans aucune formation universitaire.  Les barbiers chirurgiens étaient en fait des artisans qui transmettaient  leur expérience par compagnonnage.

François de la Peyronnie, fils de chirurgien barbier n'a eu de cesse que d'essayer de redorer le blason des chirurgiens

"François de la Peyronnie, fils de chirurgien barbier n'a eu de cesse que d'essayer de redorer le blason des chirurgiens au départ cantonnés qu'à des actes de chirurgie extrêmement simples que ne voulaient pas faire les médecins et qu'ils regardaient de façon très dédaigneuse", précise le professeur Michel Chammas, vice-doyen  de l'UFR Médecine Montpellier-Nîmes, professeur de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique à l'hôpital Lapeyronie.

Interdiction de toucher le sang

Les médecins membres du clergé n'avaient pas le droit de toucher au sang car l'église le leur interdisait.

En 1163, lors du Concile de Tours, l'Église décrète : « Ecclesia abhorret a sanguine », l'Église hait le sang. Avec ce décret, les médecins, la plupart membres du clergé à l'époque, ne peuvent plus pratiquer la chirurgie, et celle-ci est reléguée à un rang inférieur pour de nombreuses années.

Les opérations revenaient donc à des  barbiers chirurgiens formés sur le tas, sans aucune connaissance universitaire. 

Médecins et chirurgiens à égalité

Le Montpelliérain François Lapeyronie va révolutionner leur formation et se battre pour établir l'égalité entre médecins et chirurgiens.

Il se lance dans des études de médecine, s'inscrit à la faculté de Montpellier puis poursuit sa formation à l'université à Paris.

Réputation... royale

Performances chirurgicales doublée de connaissances anatomiques, la réputation du jeune Lapeyronie arrive vite aux oreilles de Louis XIV.

Il deviendra  le chirurgien attitré du roi et ce ne sera pas la seule tête couronnée qu'il soignera. Il soignera aussi Louis XV.

Il soignera le roi de Prusse, le Tsar de Russie Alexandre Le Grand, l'empeureur du Saint-Empire romain germanique, le duc de Bavière.

" Il soignera le roi de Prusse, le Tsar de Russie Alexandre Le Grand, l'empeureur du Saint-Empire romain germanique, le duc de Bavière... Et come c'était un chirurgien extrêmement méticuleux, très adroit et qui guérissait ses patients, ceux-ci ont fait preuve d'une reconnaissance extrêmement généreuse pour lui", ajoute Jean-Pierre Dedet



Professeur émérite,  de la faculté de médecine Montpellier, auréolé de son succès et anobli par le roi, Francois Gigot de Lapeyronie lui fait signer des ordonnances pour imposer l'enseignement académique de la chirurgie.

Fortune

Quand à sa fortune, elle sera consacrée à l'édification de l'hôtel Saint Côme à Montpellier, Un lieu  dédié aux futurs chirurgiens.

Un tournant majeur dans l'histoire de la chirurgie en France et grand pas en avant dans l'émancipation du statut de chirurgien.

Gravé

Gravé sur l'hôtel Saint Côme, le nom de rue :  cope cambe signifiant coupe jambe, témoigne de ce passé.

Le XVIII ème est le siècle d'or de la chirurgie.

La discipline est intégrée à l'université à l'issue de  la Révolution francaise, et parachève l'oeuvre de Francois Gigot de Lapeyronie

A l'entrée de la faculté de médecine de Montpellier, les deux statues celle du chirurgien et celle du médecin, Paul-Joseph Bartez symbolisent l'union des deux disciplines.







 





























































 
La maladie de la Peyronie dite de la courbure du pénis
La maladie de la Peyronie est pathologique de la courbure du pénis des hommes, qui est visible en érection.

La maladie de LAPEYRONIE est caractérisée par l'infiltration scléreuse du tissu conjonctif séparant les corps caverneux de leur tunique albuginée. Les plaques ou les noyaux scléreux prédominent sur la cloison sagittale médiane du pénis. La suppression de l'élasticité au niveau des lésions provoque douleurs, angulation de la verge, troubles de l'érection et souvent gêne sexuelle. La maladie a été décrite sous des noms très variés : induration plastique des corps caverneux, induration du pénis, inflammation fibreuse des corps caverneux, inflammation chronique des corps caverneux, sclérose fibreuse du pénis, etc..., avant que soit retenu de manière habituelle celui de maladie de LAPEYRONIE 

C'est en 1743 que LAPEYRONIE décrivit cette affection. 

 
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