Les cigognes de passage dans l'Hérault : "elles sont très nombreuses à se sédentariser dans le sud", selon la LPO

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Écrit par Léa Bouquet

De mi-août à mi-septembre, les cigognes blanches quittent l'est et le nord pour migrer vers l'Espagne et l'Afrique. Mais avant de rejoindre leur lieu d'hivernage, certaines font une halte dans le sud de France... et y restent parfois plus longtemps que prévu.

Le bal des cigognes dans le sud de la France est bien souvent annonciateur de la rentrée. Après leur période d'accouplement, ces grands oiseaux entament leur migration vers des lieux d'hivernation plus chauds, en Espagne ou en Afrique.

Les cigognes blanches qui arrivent du nord de la France passent généralement par la côte atlantique et l'ouest des Pyrénées pour atteindre leur destination. Celles en provenance de l'est préfèrent longer la Méditerranée.
Sur leur trajet, il n'est pas rare que ces dernières fassent une halte dans l'Hérault... et cela se confirme encore cette année ! Depuis plusieurs jours, les fameux oiseaux noirs et blancs sont visibles dans les arbres, sur les toits ou à proximité des étangs du département.

"Le meilleur point de vue où les observer en ce moment, c'est l'étang du Méjan à côté de Montpellier", conseille Mathieu Garcia de la Ligue départementale pour la Protection des Oiseaux (LPO).

De plus en plus de cigognes se sédentarisent

Depuis plusieurs dizaines d'années, on remarque toutefois un nouveau phénomène : de plus en plus de cigognes passent l'hiver entier dans le sud de la France. "Les hivers sont très doux et cela est dû au réchauffement climatique bien sûr", explique Mathieu Garcia"Elles sont très nombreuses à se sédentariser."

Autre facteur, tout aussi important pour ces oiseaux : la nourriture est très facile à trouver.

Les cigognes sont attirées par les déchetteries à ciel ouvert. Elles trouvent aussi de quoi se nourrir en Méditerranée, notamment des écrevisses américaines [NDRL : elles ont été introduites en France au XXème siècle]. C'est leur ressource principale.

Mathieu Garcia, LPO.

La problématique des électrocutions

A la recherche d'un perchoir, les cigognes n'hésitent pas parfois à s'aventurer sur les lignes électriques et à y construire leur nid. Les cas d'électrocution ne sont donc pas isolés.

L'an dernier, à cette même époque de l'année, 23 cigognes avaient été électrocutées à Villeveyrac dans l'Hérault. "Il y a a plusieurs solutions pour éviter de nouvelles électrocutions. On peut d'une part installer des girouettes pour empêcher les oiseaux de se poser. On peut aussi travailler sur l'isolement des lignes en utilisant des gaines. Mais le réseau électrique français est parfois vieux et difficile à équiper", analyse Mathieu Garcia.

Au-delà du risque que cela représente pour les cigognes, les fientes et branchages des nids peuvent aussi provoquer des coupures de courant.