Coronavirus : le CHU de Montpellier se prépare à l'après-confinement avec la mise au point d'un test salivaire

Alors que le déconfinement a été annoncé pour le 11 mai prochain, la crainte d’une reprise incontrôlée de l’épidémie est sur toutes les lèvres. Elaboration de nouveaux tests, essais cliniques : le CHU de Montpellier prépare cette échéance dans l’urgence.
 

Montpellier - Au CHU la capacité en tests a été portée à 700 depuis le début du confinement - 17.04.20
Montpellier - Au CHU la capacité en tests a été portée à 700 depuis le début du confinement - 17.04.20 © MAXPPP - Guillaume BONNEFONT
Au CHU de Montpellier, le service virologie est en effervescence depuis le début de l’épidémie. Un rythme effréné, renforcé par les annonces du président de la République, Emmanuel Macron, concernant la fin du confinement. Fixée au 11 mai prochain, l’échéance approche à grands pas et les soignants se préparent pour tester un maximum de malades. En effet, le président l’a annoncé, l’État sera "en mesure de tester toute personne ayant un symptôme" le 11 mai. 

"Dans le cadre du déconfinement, si jamais il y a quelqu’un qui devient symptomatique, il faudra tester tout l’entourage pour essayer de re-confiner les personnes qui seraient à risque. Cela demande d’avoir des tests disponibles et performants que l’on puisse utiliser à grande échelle", explique le docteur Michel Segondy, Pharmacien virologue CHU Montpellier.
 

Augmenter les capacités en tests


Depuis le début de la crise, le nombre de tests Covid a explosé au CHU de Montpellier. Grâce à de nouvelles machines, la capacité a été portée à 700 tests quotidiens. D’ici le 11 mai, l’objectif est d’atteindre les 2 500 tests par jour.

Problème, le prélèvement nasal, seul à être fiable pour l'instant, est compliqué à mettre en œuvre et ne donne ses résultats qu'après plusieurs jours. Alors pour augmenter encore la cadence, le CHU met au point un test salivaire qui sera bientôt disponible.

"Cela permet d’être beaucoup plus souple en terme de réalisation, soit à titre individuel soit pour une petite collectivité. Ces tests n’auront pas besoin de transport ou de logistique lourde, puisqu’il faudra simplement chauffer un tube pour avoir le résultat en 20-30 minutes", détaille le Professeur Jacques Reynes, Chef du service maladies infectieuses CHU Montpellier.
 
Montpellier - le professeur Reynes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU, devant le sas d'entrée du bâtiment - archives.
Montpellier - le professeur Reynes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU, devant le sas d'entrée du bâtiment - archives. © F3 LR

Si les tests sont au cœur de la stratégie de déconfinement, ils permettent uniquement de contenir l’épidémie. Seul un traitement pourrait permettre de la maîtriser. C’est l’autre voie actuellement étudiée à Montpellier.
 
 

Bi-thérapie du Professeur Raoult


Dans le cadre d'un essai clinique, la bi-thérapie du Professeur Raoult (hydroxychloroquine + azithromycine) est administrée à des malades depuis quelques jours.
 
L'originalité montpelliéraine réside dans la nature des patients sélectionnés : tous sont recrutés après leur hospitalisation pour des symptômes respiratoires, cela garantie qu'ils sont réellement atteints du Covid-19.
 

Les résultats assez précis, on les aura au mieux fin juin. On saura si ça marche ou ça ne marche pas,
précise le Professeur Jacques Reynes. 


Si l'essai valide la bi-thérapie du Pr Raoult, le laboratoire Sanofi a déjà annoncé qu'il serait en capacité d'assurer la production de millions de doses de son médicament à base d'hydroxichloroquine.
 
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