Coronavirus Montpellier : des détenus en fin de peine vont être libérés pour éviter mutinerie et crise sanitaire

Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier, le centre pénitentiaire - archives. / © F3 LR
Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier, le centre pénitentiaire - archives. / © F3 LR

L'un des effets de la crise sanitaire que nous traversons, c'est la baisse du nombre de détenus dans les prisons de France. Moins 1.600 à la mi-mars et 5.000 autres libérations sont prévues. Il s'agit d'éviter la contagion de Covid-19 et les mutineries dans les établissements pénitentiaires.

Par Fabrice Dubault


Coronavirus oblige, l'ambiance se dégrade dans les prisons d'Occitanie.

Les détenus craignent la contagion du Covid-19 et l'administration pénitentiaire en manque de personnels ne pourra bientôt plus répondre aux besoins en surveillants et garantir la sécurité de tous. A Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier, par exemple, plus de 30% du personnel est absent et 15 détenus sont confinés pour suspicion de coronavirus. Un chiffre qui pourrait doubler ou tripler d'ici à 8 jours.

Illustration de ce malaise, ces derniers jours, avec des mutineries aux centres pénitentiaires de Béziers et de Perpignan.
 

Alors quand la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, annonce de possibles libérations anticipées pour raison sanitaire, l'Observatoire international des prisons y voit une mesure de bon sens.
 

C'est une bonne chose de vider les prisons. Il y a trop de monde, trop de surpopulation et trop de personnes en attente de leur procès" explique Bernadette Jonquet, présidente du groupe local de l'Observatoire International des Prisons de Nîmes.


Mais seuls, les détenus en fin de peine, purgeraient leurs 2 derniers mois de prison confinés chez eux. Cela concernerait en moyenne 30 à 40 détenus par établissements.
 

Du côté des syndicats de gardiens de prison, certains pointent un effet d'annonce. Libérer des prisonniers en fin de peine pourquoi pas, mais à certaines conditions.
 

Il faut déjà que les détenus libérés trouvent de quoi se loger pour leur sortie et il ne faut pas non plus rajouter du travail aux forces de l'ordre en relachant des prévenus violents" Mickaël Escolano, syndicat UFAP-UNSA Justice au Centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone.

 

Dans la seule prison de Villeneuve-lès-Maguelone, qui accueille 900 détenus pour 550 places, 15 prisonnier sont en confinement.
 

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