Coronavirus : A Montpellier, l'Université Paul Valéry et ses 500 étudiants chinois vivent sereinement

Les 500 étudiants chinois de l'Université Paul Valéry à Montpellier sont l'objet d'une attention particulière par rapport au coronavirus. Surtout pour ceux qui reviennent de Chine, tout comme les  étudiants français actuellement en Chine. Les universités se veulent rassurantes. 

Les 500 étudiants chinois de l'Université Paul Valéry à Montpellier sont l'objet d'une attention particulière par rapport au coronavirus.
Les 500 étudiants chinois de l'Université Paul Valéry à Montpellier sont l'objet d'une attention particulière par rapport au coronavirus.
Quelqu'un frappe à la porte. Le cours de français est interrompu. La directrice du centre universitaire de français langue étrangère de l'université Paul Valéry à Montpellier prévient la professeure : "tu sais que nous distribuons des désinfectants pour les mains," en lui donnant une fiole. Puis s'adressant aux étudiants: "vous avez bien reçu toutes les consignes ? Il faut se désinfecter les mains au moins 30 secondes plusieurs fois par jour. Alors sachez compter jusqu'à 30 en français," conclut-elle en souriant.

Pas de stigmatisation 

Les étudiants de cette classe sont en grande majorité chinois. Ils sont 150 parmi les 520 étudiants étrangers de ce centre universitaire. Denyaping a fait sa rentrée en début de semaine comme tous ses camarades. Cette Chinoise arrive de Chengdu, à plus de 1000 km de Wuhan, le foyer du virus. Deng Ya Ping  a quitté la Chine début janvier et pas de symptômes depuis. Pas de stigmatisation non plus de la part de ses camarades: "je pense que la France et les Français sont sympathiques, très tolérants. Il n'y a pas de regards bizarres". "Des étudiants se sont renseignés si certains étaient un peu malades. Mais, personnellement, je n'ai pas peur", renchérit Meenakshi Enfraze, étudiante indienne. 
 

Consignes strictes

"Nous faisons confiance aux autorités sanitaires et à leurs consignes," explique Patricia Gardies. "Les étudiants chinois qui ont passé les vacances chez eux sont rentrés autour du 15 janvier. Nous les avons tous contactés et ils ont reçu des consignes strictes: en cas de fièvre, symptome grippal, il faut appeler le 15, rester confiner et ne surtout pas venir sur le campus pour éviter une quelconque propagation". Des mesures préventives puisqu'aucun cas n'a déclaré de symptomes jusqu'ici à Montpellier. 

On en parle pour destresser pour ceux qui le seraient quelque peu


Aucune tension n'est palpable sur le campus. "En cours, chacun s'est exprimé, il n'y a aucun dénigrement des étudiants chinois, aucun signe d'attitude inappropriée". Très peu d'étudiants portent le masque. "Avec la crainte du coronavirus, notre vie n'a pas vraiment changé mais on en parle pour destresser pour ceux qui le seraient quelque peu". 

Au total, l'Université Paul Valéry de Montpellier accueille environ 500 étudiants chinois. Parallèlement, une douzaine d'étudiants français sont actuellement en Chine. "Nous leur avons proposé un retour anticipé. Aucun ne l'a souhaité. Chacun vit la situation de manière si ce n'est sereine du moins tout à fait calme," explique Anne-Marie Motard, vice-présidente de l'université Paul Valéry. 

Nous leur avons proposé un retour anticipé. Aucun ne l'a souhaité


Exemple avec Lucie, une Montpellièraine, étudiante à Shangaï depuis septembre dernier. A plus de 800 km de Wuhan, centre de l'épidémie. "Nous avons été informés du coronavirus par nos enseignants français et l'administration de l'université depuis une semaine. Nous avons un groupe de discussion sur l'application chinoise Wechat et nous recevons des liens d'articles que distribuent le gouvernement chinois pour nous informer de la situation actuelle," nous explique-t-elle via skype. 
 
Lisa, étudiante de Montpellier à Shangaï ne craint pas le coronavirus.
Lisa, étudiante de Montpellier à Shangaï ne craint pas le coronavirus. © DR

A Shanghaï, Lucie ne s'inquiète pas 


"Il nous conseille d'avoir des mesures d'hygiène assez importantes. De bien se laver les mains, ne pas éternuer, de se moucher avec des mouchoirs jetables, de porter des masques, d'éviter les contacts dans les transports en commun." Sa vie au quotidien ? "Pour l'instant, j'évite les transports en commun, et les lieux avec beaucoup d'affluence, je me lave beaucoup les mains, je porte un masque. Il faut le changer régulièrement".


Pour l'instant, je reste en Chine et j'attends la rentrée scolaire


Lucie reste sereine. "Je ne suis pas inquiète. Ce qui est difficile, c'est qu'on ne sait pas comment anticiper ce qui va se passer. Je ne suis pas inquiète pour ma santé vu que je respecte les consignes d'hygiène et de sécurité. Je n'ai pas d'inquiétude à avoir. Pour l'instant, je reste en Chine et j'attends la rentrée scolaire si elle est maintenue. A Montpellier, ma famille est inquiète mais j'essaie de les rassurer et il n'y a pas de quoi s'affoler, j'ai été clair avec eux. Il n'y a pas à dramatiser, ce n'est pas une situation angoisssante, il faut juste l'accepter. On écoute ce que l'on nous dit. mais je parle du point de vue de Shangaï, c'est comme cela que ça se passe". A plus de 800 km de Wuhan. 
 

Appel à la mobilisation générale

Le témoignage de Lucie doit être relativisé. Au 30 janvier 2020 à 09h00, on dénombrait 7700 personnes infectées à travers la Chine continentale et 170 morts, tous sur le territoire chinois. Le nombre de cas a été multiplié par 20 en quelques jours. Toutes les provinces chinoises sont touchées. L'organisation mondiale de la santé appelle à la mobilisation générale. 


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société université éducation