Coronavirus : polémique à l’entreprise Orchestra de Saint-Aunès près de Montpellier

Le siège social d'Orchestra. / © F. Mazoux / FTV
Le siège social d'Orchestra. / © F. Mazoux / FTV

Depuis ce lundi matin, une cinquantaine d’employés du service logistique d’Orchestra a décidé de quitter le site, estimant que les conditions sanitaires n’étaient pas réunies pour faire face au coronavirus. La direction conteste l’interprétation du droit de retrait.
 

Par Damien Ordas

Ce lundi 16 mars au matin se tenait sur le site d’Orchestra à Saint-Aunès, près de Montpellier, une réunion entre direction et syndicat autour du chômage partiel mais très vite des points de désaccords sont intervenus sur les conditions d’accès sur le site.
 

Manque de produits pour se protéger

Une cinquantaine de salariés de cette entreprise, spécialisée dans les produits et vêtements pour bébé, a quitté son poste au niveau du service de la logistique estimant que les conditions sanitaires pour faire face au coronavirus n’étaient pas réunies.

Pas de lingettes, ni de savon. Pas de gel hydro-alcoolique, ni même de masques. Les employés ont donc décidé de faire valoir leur droit de retrait.

précise Stéphane Crampon, délégué CGT et employé dans le service logistique.
 

Le droit de retrait en question

C’est sur le droit de retrait que le désaccord est intervenu entre les syndicats et la direction.

"Nous estimons que le code du travail permet aux salariés d’exercer leur droit de retrait à partir du moment où ils se sentent en danger sur leur lieu de travail face aux risques sanitaires", explique Jennifer Gaillard, élue au CSE et déléguée CGT à Orchestra.
"Contester ce droit de retrait est irresponsable de la part de la direction", ajoute l’avocat du CSE Ralph Blindauer.

De son côté, le président d’Orchestra, Pierre Mestre, déclare "qu’il n’est pas juriste mais que le droit de retrait, pour ces services, ne s’applique qu’en cas de danger de mort."
 

Orchestra en difficulté face à l'épidémie

Le patron d’Orchestra se dit d’ailleurs très inquiet pour l’avenir de l’entreprise.

 Aujourd’hui les magasins sont fermés, plus de 80% des salariés de bureau sont en télétravail, il n’y a plus que le service en ligne qui est possible. Pour cela, nous devons assurer à minima le secteur logistique car il est important que l’on puisse livrer des produits essentiels pour les bébés.

Pierre Mestre conclut en expliquant "qu’il est possible de travailler en entrepôt même s’il est très difficile actuellement de trouver des masques et gels pour les employés."

En attendant, seulement quelques salariés, accompagnés par des cadres de l’entreprise, assurent le travail dans le service de logistique.

A noter que le magasin de Saint-Aunès est autorisé à ouvrir ce mardi sur décision préfectorale.
 

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