Déconfinement et la réouverture des écoles : réactions de parents et d'enseignants en Occitanie

Pas de mot d'ordre national pour rouvrir les écoles : les décisions seront prises localement. Les annonces d'Edouard Philippe provoquent inquiétude et colère chez les enseignants mais une relative satisfaction pour certains parents d'élèves.

Des enfants de personnel soignant dans la cour d'une école de Toulouse, utilisée comme centre aéré pendant les vacances de Pâques.
Des enfants de personnel soignant dans la cour d'une école de Toulouse, utilisée comme centre aéré pendant les vacances de Pâques. © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le plan de déconfinement a été annoncé cet après-midi, mardi 28 avril, par le Premier ministre devant une Assemblée nationale très clairsemée par obligation sanitaire.

Edouard Philippe a expliqué qu'il fallait procéder de manière progressive et avec prudence. Son but : 
 

Garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d'entre eux, dont la scolarité souffre terriblement du confinement.
 

Les points à retenir pour l'école:

 

Une réouverture "très progressive" des écoles maternelles et élémentaires à compter du 11 mai, "partout sur le territoire, et sur la base du volontariat" :

Le port du masque

 
"Le retour de nos enfants est un impératif pédagogique et de justice sociale," a indiqué Edouard Philippe, le premier ministre lors de la présentation du plan de déconfinement.
"Le retour de nos enfants est un impératif pédagogique et de justice sociale," a indiqué Edouard Philippe, le premier ministre lors de la présentation du plan de déconfinement. © David NIVIERE / POOL / AFP

Les enseignants du primaire inquiets et en colère 

Les parents pourront donc choisir soit de garder les enfants chez eux avec un enseignement à distance, soit de les envoyer à l'école.

Dans ce cas, comme chaque classe ne pourra accueillir que 15 élèves au maximum, les établissements scolaires vont devoir se réorganiser pour respecter ce mot d'ordre. 

En la matière, Edouard Philippe estime que "les directeurs d'école, les parents d'élève, les collectivités locales trouveront ensemble, avec pragmatisme, les meilleures solutions". 

Ces annonces gouvernementales inquiètent Anthony de Souza, co-secrétaire SNUIPP-FSU de l'Hérault.

Notre première inquiétude est sanitaire : on ne comprend pas qu’on soit les premiers à rouvrir et que l'on commence par les plus jeunes ! 


"Le milieu scolaire est un terrain privilégié pour faire circuler le virus, selon une récente étude de l'Institut Pasteur dans l' Oise, les scientifiques sont également très reservés sur une rouverture en mai; les gestes barrières : ce n'est pas possible de les appliquer même en groupe réduit, bref, on craint que l'école favorise la propagation du coronavirus !" explique ce professeur des écoles.

Pas de protocole national

 

Ce n'est pas accceptable ! Nous avons besoin d'un protocole national précis, là, on renvoie toutes les responsablilités au niveau local,


s'ingurge encore le représentant syndical.

Un avis que ne partage pas Béatrice Leccia, présidente de la FCPE du Gard. Celle qui est aussi coordinatrice de l'académie de Montpellier voit des points positifs dans les annonces du Premier ministre.

On a été entendu, on sent qu'il y a eu recul sur la question des écoles, laisser le choix aux parents de remettre ou non leur enfant à l'école est une bonne chose !
 

"Rouvir les collèges uniquement aux élèves de 6e et de 5ème nous parait également raisonnable, mais ce que demandons avant toute ouverture de classe, c'est la visite d'une commission de sécurité avec la participation des parents d'élèves pour vérifier si les locaux sont conformes." 
 

On sera aux côtés des maires si eux même décident de ne pas rourir les écoles en cas de locaux trop petits pour maintenir la distanciation entre les enfants.

Mais bien d'autres questions importantes restent sans réponses pour Béatrice Leccia : 


Les lycéens dans le flou


Enfin, le gouvernement décidera fin mai si les lycées pourront rouvrir leurs portes début juin en commençant par les lycées professionnels.

Arnaud Roussel, secrétaire régional du SNES (syndicat national des enseignements de second degré) s'insurge lui aussi contre ces annonces qu'il juge contradictoires.

On est dans l'improvisation la plus totale avec des ministres qui se contredisent sans cesse!  Blanquer avait annoncé une rentrée au 18 mai pour les 6e, 3e et terminales, et ça change encore !!


" Le conseil scientifique avait recommandé de nettoyer plusieurs fois par jour les salles classes, et là rien, on en parle même pas ! C'est un climat anxiogène pour les parents et les enfants"

A priori, les élèves de terminale passant un bac général, technologique et professionnel seront évalués cette année uniquement via le contrôle continu, en raison de l'épidémie de coronavirus.

Mais quid du travail à la maison fourni depuis des semaines, comment sera-t-il pris en compte ?


"Il faut arrêter de se moquer du monde, pas de 3e trimestre pour lycées, aucune visibilité pour ceux qui passent le Bac, on ne sait plus à quoi s’attendre avec ces ordres et contre-ordres. C'est néfaste pour l’école !!"

 

S'adapter aux exigences sanitaires

« Il nous manque plein d’éléments et nous attendons les éclaircissements de la part du Ministère de l’Education nationale », s’interroge Christelle Kauffmann, secrétaire du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale) pour l’Académie de Toulouse et proviseure dans un lycée à Cahors (Lot).

« Nous seuls, avec nos agents connaissons parfaitement nos établissements et savons si sommes capables de nous adapter aux exigences sanitaires même si elles priment bien sûr. Certains le pourront, d’autres pas ou très difficilement avec le maximum de 15 élèves par classe. Les problèmes d’encadrement ne sont pas réglés. La reprise des lycées pas avant début juin, c’est très tard. Comment assurer le processus d’orientation sans la présence des élèves ?  »

Jean-Michel Blanquer devrait recevoir les organisations syndicales jeudi.


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
éducation société coronavirus : école à la maison santé
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter