Montpellier : l'école d'architecture visée par le ministère de la Culture et par une enquête préliminaire

Deux enseignants de l’école d’architecture de Montpellier sont visés par le ministère de la Culture. Ses premières mesures doivent mettre un terme aux accusations d’harcèlement et de petits arrangements entre amis. Une enquête préliminaire a été ouverte.

Le ministère de la Culture a formulé des sanctions à l'encontre de l'école d'architecture de Montpellier.
Le ministère de la Culture a formulé des sanctions à l'encontre de l'école d'architecture de Montpellier. © Maxppp / Franck Dubray

Une enquête préliminaire portant sur des faits de harcèlement moral et sexuel au sein de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Montpellier (Ensam) a été ouverte "récemment", a indiqué ce mercredi 16 décembre à l'AFP le procureur de Montpellier Fabrice Bélargent. Au plan pénal, une quinzaine d'enseignants ont fait un signalement au procureur fin octobre.

Le malaise était dénoncé par plusieurs professeurs et des dizaines d’étudiants depuis plus d’un an. En réponse, le ministère de la Culture fait tomber ses premières sanctions.

D’abord, en stoppant le recrutement d’un nouveau directeur à l’école nationale supérieure d’architecture de Montpellier, l’Ensam. La prochaine direction sera nommée hors de l’école et pour une période provisoire de six mois à partir de janvier, avec pour mission de "restaurer un climat d’étude et de travail serein."

Désaveu

Une décision en forme de désaveu pour le conseil d’administration de l’établissement. Celui-ci avait déjà sélectionné sa candidate, Elodie Nourrigat, enseignante à l’Ensam.

Également dans le collimateur du Ministère, un autre professeur, Jacques Brion, est suspendu pour quatre mois. Conjoint d’Elodie Nourrigat, il présidait la commission des formations et de la vie étudiante ainsi que la commission pédagogique et scientifique.

Le couple est accusé de mainmise au sein de l’établissement et de "petits arrangements entre amis". Une quinzaine d’enseignants et deux étudiantes ont déposé des recours devant la justice.

Il y aurait eu des faits caractérisés de harcèlement moral et sexuel, mais aussi l’équivalent d’une forme de trafic d’influence, qui aurait permis des recrutements illégaux. Les enseignants - lanceurs d’alerte - auraient été sanctionnés par mesure de rétorsion."

Sophie Mazas, avocate des plaignants.

Le Ministère de tutelle de l’Ensam veut aussi que l’école améliore les dispositifs de prévention et de signalement en matière de violences et de harcèlements sexistes et sexuels. Il demande également à l’établissement de créer une cellule de soutien psychologique. Ses mesures interviennent alors qu’une enquête diligentée par le ministère de la Culture, enquête interne et confidentielle, vient d’aboutir.

Risques psychosociaux

Cette enquête confirmerait, selon nos confrères du journal en ligne Le d’oc, les éléments de l’audit révélé cet été sur les risques psychosociaux. Le diagnostic avait été établi après de "présumés propos et comportements à connotation de harcèlement moral et de possibles violences sexistes et sexuelles." Quelques semaines plus tard, l’ancien directeur de l’école présentait sa démission.

Un compte Instagram intitulé "Ensamafia" publie des témoignages anonymes portant sur le fonctionnement de l'école. 

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Lors du conseil municipal ce lundi, le maire de Montpellier Michaël Delafosse a salué les "décisions de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur l’école d’architecture, au regard des faits extrêmement graves qui s’y sont déroulés."

Maryse Pechevis, avocate de Jacques Brion indique dans un communiqué que "le Ministère de la Culture a notifié à mon client, actuel professeur (TPCAU) à l’ENSAM, et ancien directeur des études et de la pédagogie, une suspension d’une période de 4 mois à compter du 8 décembre. Il ne s’agit en aucun cas d’une sanction, mais d’une mesure conservatoire, destinée à protéger Monsieur Jacques Brion et les personnes ayant subi d’éventuels préjudices. Et qu'à ce jour (ndlr 21décembre 2020), seul Monsieur Jacques Brion fait l’objet d’une suspension. Celle-ci n’étant pas une sanction, il est donc doublement faux de prétendre que deux professeurs auraient été sanctionnés !"

 

 

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