"Beaucoup de jeunes sont éco-anxieux ou éco-furieux", selon Mathis Montelon, un des coordinateurs de la marche pour le climat à Montpellier

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Écrit par Isabelle Bris .

Signe des temps : le risque de fortes pluies perturbe la marche des jeunes pour le climat. La manifestation, initialement prévue samedi 24 septembre 2022 à Montpellier, a été avancée au vendredi. Selon Mathis Montelon, lycéen de “Youth for climate” qui fait partie des coordinateurs de la marche montpelliéraine, les jeunes s'insurgent et s'inquiètent de plus en plus face à l'inaction des pouvoirs publics.

Initié par la jeune activiste suédoise Greta Thunberg en 2018, le mouvement "Youth for Climate" France s'est implanté à Montpellier, en 2019. Dans la capitale du Languedoc, comme dans une bonne centaine d'autres villes de l'hexagone, les jeunes vont à nouveau battre le pavé pour réclamer un avenir pour la planète et donc, pour eux, cet automne.

Le cortège partira à 14 h de l’Esplanade Charles-de-Gaulle et suivra un parcours déposé en préfecture : la manifestation doit traverser le centre de la vieille ville, passer par les jardins du Peyrou et la préfecture, avant de revenir à son point de départ. 

Cette manifestation prévue samedi, a été avancée de 24h à cause des conditions météos : prendre un épisode méditerranéen sur la tête le jour de la marche pour le climat, c'est de mauvaise augure ?  

"Le fait qu’il pleuve ce samedi, c’est en effet un symbole qui veut dire quelque chose ! La météo qui vient embêter les jeunes, cela ne nous remonte pas le moral. C'est déjà pas la joie, on se bat littéralement pour tout le monde, pour sauver la planète" soupire Mathis Montelon, l'un des coordinateurs de la marche montpelliéraine “Youth for climate”.

L'annonce de ce changement de dernière minute a été publié mercredi sur le compte tweeter de ce mouvement de jeunes qui se mobilisent, à Montpellier, pour la justice climatique et sociale, la protection de l’environnement et de la biodiversité : 

Votre collectif "Youth For Climate" demande des mesures concrètes et urgentes, à la mesure de la crise écologique et sociale actuelle. Que pensez-vous des réponses apportées par l'Etat ?

"On en peut pas dire que le dernier quinquennat ait été marqué par l'écologie ! Et pour celui qui commence, on ne voit pas de signal fort. On est sceptique et pas forcément optimiste. Beaucoup de jeunes sont éco-anxieux ou éco-furieux." affirme ce lycéen de 17 ans.

"Cet été a été très chaud et très sec, le réchauffement climatique est là et il faut mobiliser le plus de gens possible pour pousser les politiques à faire quelque chose d'efficace." 

Les scientifiques du GIEC ont dit qu’on avait trois ans pour agir, pour sauver la planète avant d'arriver au point de non retour, on va donc faire un maximum pour cela. Mais si on regarde la politique de la France et de l’Europe en faveur de l'écologie, on est assez déçu. On est sceptique et pas forcément optimiste pour l'avenir." 

L'an dernier, lors des manifestation de septembre et mars, on comptait à chaque fois environ 500 manifestants dans le cortège, principalement des lycéens et des étudiants. Il y a encore du travail à faire pour convaincre les jeunes de l'urgence actuelle pour la planète ?   

"Oui, il est vrai qu'en 2019, il y a avait plus de jeunes dans la rue lors des marches pour le climat, c'était nouveau et à la mode. En 2020, il n'y a pas eu de grandes manifestations à cause du Covid et en 2021, 500 personnes environ dans chaque cortège. Mais, néanmoins, je constate que du côté des lycéens, on voit de plus en plus de jeunes de ma génération intéressés par le sujet.

Il reste quand même du boulot pour faire changer les mentalités des jeunes, notamment sur certains gestes alimentaires : comme aller moins au fast-food, manger moins de viande. Il y a aussi des efforts à faire en ce qui concerne la consommation : acheter plein de vêtements pour être à la mode ou chercher à avoir le tout dernier téléphone, ce n’est pas une obligation !

Mais, en fait, les jeunes reproduisent souvent les habitudes de leurs parents. D'ailleurs, les parents sont les bienvenus à la marche de vendredi, comme toutes les générations."

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