"Ils font du chantage financier au départ", des entreprises d'une zone industrielle de Montpellier excédées par les caravanes des gens du voyage

Les occupations illégales des gens du voyage se multiplient ces derniers mois dans la métropole de Montpellier. Dernier exemple en date, à Saint-Jean-de-Védas, dans la zone de La Lauze. Un collectif d'entrepreneurs et de commerçants a été créé. Il dénonce des dégradations, des vols, des menaces et même des tentatives de racket.

Les parkings privés et ouverts de la métropole de Montpellier sont devenus depuis quelques années les lieux d'installation de prédilection des gens du voyage. Loin devant les aires d'accueil et les terrains de sport. Des occupations illégales qui génèrent des conflits, des dégradations et de nombreuses nuisances.

Beaucoup d'hypermarchés régulièrement pris pour cible par des occupations sauvages de caravanes ont d'ailleurs réagi en implantant des gabarits ou des arceaux amovibles à l'entrée de leur parking pour maîtriser les flux d'entrées. Idem pour certains parkings relais situés aux portes de la métropole à proximité du tramway.

Reste les entreprises et les particuliers eux aussi impactés et démunis face à ce phénomène.

La création d'un collectif

Depuis décembre, la zone industrielle "La lauze", à Saint-Jean-de-Védas, le long de l'A9, au sud-ouest de Montpellier semble très appréciée des gens du voyage.

Plusieurs sites ont été victimes d'occupations. 30 à 40 caravanes à chaque fois qui s'installent pour deux à trois semaines et au mieux bloquent les places de parking réservées aux employés et aux clients des entreprises qui ainsi ne savent plus où se garer, au pire dégradent les lieux voire agressent les usagers.

Cela devient invivable. La présence des gens du voyage fait fuir les clients sans parler des dégradations. Nos salariés ont peur d'être rackettés, les bureaux ont été forcés, il y a des vols et de l'insécurité... Ca ne peut pas durer.

Jean-Baptiste Navarro, propriétaire d'un local dans la ZI La Lauze.

Face à l'inertie et l'impossibilité d'agir rapidement et efficacement des municipalités, de la métropole et de la préfecture, des entrepreneurs et commerçants viennent de créer un collectif.

"Nous allons écrire au préfet pour lui demander de l'aide. Car quand certains quittent enfin notre parking, d'autres arrivent et s'installent. Et les mêmes reviennent quelques jours après. Ils sont sédentaires en mouvement en fait. Si cela ne suffit pas, on envisagera d'autres modes d'action" poursuit Jean-Baptiste Navarro.

Une réunion de concertation a eu lieu lundi avec le maire de la commune, un représentant de la gendarmerie et une vingtaine d'entrepreneurs et commerçants. Conclusion, "il n'y a pas grand-chose à faire ni de solution en vue" se lamente un participant.

Un "chantage financier au départ"

Nouveauté, certaines entreprises dénoncent un chantage des "occupants du parking". Ils réclameraient une contribution financière pour leur départ. Un comble !

Sans solution des pouvoirs publics, nous sommes dans une impasse. Il nous reste juste à payer. Car certains font du chantage, du racket. Ils demandent 3.000 à 5.000 euros pour partir. Un collègue leur a donné 300 euros, ils ont quitté les lieux puis sont revenus deux jours plus tard.

Un entrepreneur gardant l'anonymat par peur de représailles.

Le cas de ces commerces et entreprises de Saint-Jean-de-Védas n'est pas unique dans l'Hérault. D'autres occupations illégales ont été signalées notamment à Cournonterral ou Castries malgré l'aménagement d'aires d'accueil et de grand passage, environ 900 places entre Bionne, Castries, Cournonterral et Castelnau-le-Lez, et un budget de 23 millions d'euros financé par la métropole de Montpellier.