"Je n’avais pas de vie" : cet emploi qui a changé le quotidien de Letitia, atteinte d’une maladie dégénérative

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Le taux de chômage des personnes en situation de handicap est deux fois plus élevé que pour l’ensemble de la population française. Les freins sont réels, mais il existe des accompagnements, car le travail reste un bon moyen de garantir l’indépendance et l’intégration sociale. ©E. Terpereau / B. Moignoux / F. Detranchant / F3 Occitanie

Le taux de chômage des personnes en situation de handicap est deux fois plus élevé que pour l’ensemble de la population française. Les freins sont réels, mais il existe des accompagnements, car le travail reste un bon moyen de garantir l’indépendance et l’intégration sociale.

En moyenne, 37 000 masques passent entre les mains de Letitia Weber chaque jour, dans son entreprise de Frontignan dans l'Hérault. Après de longues années de recherches, cette quadragénaire en situation de handicap a décroché un CDI, il y a trois ans. Un changement pour elle. Une renaissance même : "Je restais chez moi, je n’avais pas de vie, je n’avais rien, je restais entre quatre murs", se rappelle la salariée, interviewée par Esmeralda Terpereau, journaliste à France 3 Occitanie.

Un recrutement encadré par la loi

Lorsqu’elle est arrivée dans l’entreprise, Letitia Weber ne marchait pas. Aujourd’hui, son fauteuil roulant prend la poussière. Pourtant, elle est atteinte d’une maladie dégénérative. "Ça m’a permis de laisser mon fauteuil de côté, je travaille avec des atèles. Je suis plus autonome qu’avant. Je ne pense pas à mes maladies. Je me sens mieux au fond de moi, je me sens mieux sans mes douleurs."

Recruter du personnel en situation de handicap est un choix humain pour Prism, petite entreprise de dix salariés. Touché par le parcours de Letitia Weber, le responsable des opérations lui a donner sa chance. Sans regret. "Elle a été rejetée de partout, notamment par beaucoup d’employeurs, se rappelle Michaël Krencke, directeur des opérations de l'entreprise Prism. On a été très émus donc on a recruté Letitia. Et c’est une de mes meilleures opératrices puisqu’elle a le record de production."

Depuis 1987, une loi oblige toute entreprise ayant au moins 20 salariés à employer des travailleurs handicapés dans une proportion de 6 % de son effectif total. Même si ce taux progresse, il reste encore du chemin à faire.

Le plus tôt possible

Pour sensibiliser, des événements spécialement dédiés à l’insertion des travailleurs handicapés sont organisés. Comme un forum dédié aux jeunes. L’occasion pour Chloé Guttierez de mieux cerner ses besoins : "C’est un peu compliqué. Vu que je suis en situation de handicap, j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider. Si je le fais toute seule, je vais être désorientée, je vais abandonner. Ensuite je passe à autre chose et je vais avoir la boule au ventre quand je fais un autre travail qui ne me plaît pas."

Les travailleurs handicapés sont confrontés à des multiples obstacles pour accéder au marché de l’emploi. Pour les associations, il faut y remédier le plus tôt possible. "Ces jeunes doivent être accueillis en stage, en alternance, insiste Servane Chauvel, déléguée générale d'Arpejeh, une association de soutien aux personnes handicapées. Un jeune qui ne va pas faire un stage ou qui va faire un stage qui ne lui permet pas de se projeter, ça va être un jeune qui ne se projettera pas sur le marché de l’emploi demain, tout simplement."

Le manque d'offres à temps partiel

Les freins à l’embauche sont bien réels. Cap Emploi accompagne les personnes en situation de handicap dans leurs problématiques de recrutement et de maintien dans l’emploi. Régulièrement, Bénédicte Derasse, conseillère en insertion professionnelle, fait le point avec ses bénéficiaires qui veulent se "sentir autonome, ne pas toujours avoir besoin de l’aide de mes parents ou de quelqu’un. Essayer de me débrouiller. Avoir un emploi, ce serait super pour moi." L’accompagnement peut durer six mois ou plusieurs longues années.

"La majorité des personnes en situation de handicap ne sont pas en capacité de faire du temps plein. Il y a une énorme fatigabilité sur quasiment tous les handicaps, donc un besoin de pauses et de temps partiels. Or, aujourd’hui, il n’y a que 20% d’offre en temps partiel maximum. Donc il y a déjà un manque d’offres d’emploi pour les personnes en situation de handicap." Le taux de chômage des personnes en situation de handicap reste deux fois plus élevé que pour l’ensemble de la population.

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