Juliette Gréco : la jolie môme de Montpellier est décédée à l'âge de 93 ans

Icône de la chanson française, Juliette Gréco est morte ce mercredi à l'âge de 93 ans après plus de 60 années de carrière. Née à Montpellier dont le maire lui rend hommage, elle s'est éteinte dans sa maison de Ramatuelle. 
Juliette Gréco, en concert en 2003.
Juliette Gréco, en concert en 2003. © Erwin Elsner MaxPPP
Juliette Gréco s'est éteinte ce mercredi 23 septembre entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. "Sa vie fut hors du commun", a déclaré la famille dans un texte transmis à l'AFP. "Elle faisait encore rayonner la chanson française à 89 ans", a-t-elle ajouté. Jusqu'à l'accident vasculaire cérébral qui l'avait frappée en 2016, année où elle avait également perdu sa fille unique Laurence-Marie.
    
Encore tout récemment, celle qui a également triomphé à la télévision dans la série "Belphégor" en 1965, proclamait son amour inconditionnel de la chanson. "Cela me manque terriblement. Ma raison de vivre, c'est chanter ! Chanter, c'est la totale, il y a le corps, l'instinct, la tête", déclarait-elle ainsi dans un entretien publié en juillet dans l'hebdomadaire Télérama.
 

Native de Montpellier


Juliette Gréco est née le 7 février 1927 à Montpellier, au n°2 de la rue Doria, dans le quartier des Arceaux. Même si elle n’a vécu dans le Clapas que les toutes premières années de sa vie, elle gardait en elle des souvenirs précis, comme les promenades dans les jardins du Peyrou et le marchand de glaces dont elle aimait le cornet aux fruits confits.
 
Elle commence sa carrière dans l'après-guerre, dans un Paris libéré où la toute jeune femme séduit alors, par sa beauté et son esprit, les intellectuels et artistes de Saint-Germain-des-prés. "Saint-Germain a perdu sa muse. Saint-Germain a existé par Juliette. Saint-Germain est deuil et la pleure. Je suis très triste. Juliette était une interprète plus encore qu'une chanteuse. Elle disait les poètes", a déclaré Line Renaud à l'AFP. Dans un communiqué, le maire de Montpellier lui rend également hommage :

Aujourd’hui, nous disons adieu à la muse de Saint Germain des Prés mais aussi à une des enfants les plus célèbres de Montpellier.

Michaël Delafosse, maire de Montpellier

En octobre 2012, au lendemain d’un concert mémorable à l’Opéra-Berlioz au Corum de Montpellier, lors des Internationales de la Guitare, la Ville de Montpellier avait posé une plaque mémorielle sur la façade de l’immeuble où est née Juliette Gréco. Ceci en sa présence et celle de son pianiste et mari Gérard Jouannest, décédé en 2018.
 


Une artiste intemporelle


Sur scène, Juliette Gréco chante d'abord Raymond Queneau ou Jean-Paul Sartre à qui elle doit ses premiers succès," Si tu t'imagines..." et "La Rue des Blancs-Manteaux". Dès 1954, c'est la consécration avec un premier
passage à l'Olympia. Elle élargit au fil du temps son répertoire avec Prévert, Desnos, Vian, Cosma. Ou encore Charles Aznavour qui signe "Je hais les dimanche", Léo Ferré sa "Jolie môme" ou encore Serge Gainsbourg qui lui offre "La Javanaise". Beaucoup plus récemment, celle qui a survécu aux modes chante aussi avec l'audoise Olivia Ruiz et Benjamin Biolay, ou encore Miossec, qui avait écrit sa toute dernière chanson, "Merci", présentée en 2015, année où elle entame sa tournée d'adieux. "Je l'ai rencontrée mais je ne la connaissais pas vraiment, elle est restée pour moi une icône absolue", a commenté sur RTL la ministre de la Culture Roselyne Bachelot.


Montpellier lui rendra hommage


Dans un communiqué ce mercredi soir, le maire de Montpellier indique que la ville "rendra hommage dans quelque temps à Juliette Gréco en souvenir de la très grande artiste qu’elle a été en donnant son nom à un lieu culturel de la ville". 

 
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