L'incroyable histoire de quatre jeunes résistants mise au jour par des lycéens : "que ces parcours qu'on a déterrés ne disparaissent pas"

L'année 2024 marque le 80e anniversaire de la libération de Montpellier. Au Lycée Joffre, une plaque a été dévoilée en l'honneur de quatre jeunes résistants montpelliérains. Une commémoration résultant d'une enquête menée par six lycéens et leur professeur d'histoire.

Louis Marrès, Jean-Louis Pitangue, Raymond Migliaro et Robert Bonifas.

Quatre noms désormais gravés sur une plaque au lycée Joffre. Quatre noms pour ces anciens du lycée. Ces quatre jeunes résistants montpelliérains tués par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un an d'enquête

Ce mardi 27 février 2024, le lycée Joffre leur a rendu hommage. Après un an d'enquête menée par six élèves de première et leur professeur d'histoire, qui se sont penchés sur ces destins jusqu'alors inconnus.

Cela faisait déjà un moment que Mathias Gross, professeur d'histoire au lycée Joffre souhaitait réaliser ce projet. Alors dans le cadre du concours national de la Résistance et de la Déportation qui avait pour thème "l'école et la Résistance", l'enseignant s'est lancé.

Je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de mener cette enquête et de le faire faire par des élèves en les accompagnant dans les archives pour une vraie démarche historique.

Mathias Gross - professeur d'histoire

Travail d'historien

En plus de la plaque, les six lycéens ont réalisé un petit carnet retraçant ces quatre destinées. "C'est un moyen de laisser quelque chose de notre travail : une plaque, un livret. Le but c'est vraiment que ces parcours qu'on a déterrés ne disparaissent pas", confie Anis Mouzas-Lemanski.

Sur les quatre jeunes hommes, trois sont morts au combat ou ont été fusillés juste avant la Libération, le dernier a été déporté. Pour le découvrir, les élèves ont dû faire leurs recherches.

C'était fouiller un peu les registres de départ, de passage, des lettres, des retranscriptions de la Résistance toutes froissées avec parfois des tâches de sang dessus, c'était très touchant.

Anis Mouzas-Lemanski - élève de première

Des gens simples

Au fil de leur enquête, les jeunes se sont identifiés à ces résistants qui avaient leur âge au moment de leur mort. Pour Carla Depre, la plus grande révélation, c'est que "c'étaient des personnes comme nous, comme n'importe qui en fait".

Ces gens-là étaient des gens simples. Rien ne les destinait à avoir un destin à la fois héroïque et tragique. Ils ont décidé de prendre les armes et de se sacrifier pour une cause qui leur était chère.

Carla Depre - élève de première