Législatives 2022 : la fronde des élus socialistes de l'Hérault contre l'accord LFI-PS

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Pas de soumission aux Insoumis. Ce pourrait être le slogan des socialistes de l'Hérault qui refusent l'accord LFI-PS pour les Législatives. Et ils sont nombreux. Christian Assaf, Hussein Bourgi, Michaël Delafosse, Kléber Mesquida ou encore la présidente de la Région Occitanie Carole Delga. Nous avons recueilli leurs réactions.

Vendredi matin, au lendemain du vote du Conseil national du Parti socialiste pour entériner l'accord LFI-PS aux Législatives, beaucoup d'élus socialistes d'Occitanie risquent de se retrouver en minorité dans leur parti. Car ils ont décidé de voter contre.

C'est le cas de nombreux socialistes de l'Hérault et d'Occitanie. Seuls quelques élus de la Haute-Garonne, du Gard et de l'Aude pourraient voter OUI.

Qui vote au Conseil national du PS

Ils seront un peu plus de 300 à voter, ce soir, soit en présentiel à Paris, soit par vote électronique en visioconférence. Parmi eux, les cadres du PS, des parlementaires socialistes, des élus et des représentants des motions des militants.

Mais avant le vote, dont on devrait avoir les résultats tard dans la nuit, il y aura une discussion, un débat, certains promettent une confrontation, à partir de 19h. Y participeront, sans pour autant avoir le droit de vote systématique, les présidents PS de région et de département et les élus des métropoles.

L'Occitanie, qui compte 30% des militants socialistes en France et de nombreux élus, va peser lourd, en faveur du NON.

La fronde occitane

Lancée mercredi par Carole Delga et le président du Conseil départemental de l'Hérault, Kléber Mesquida, la mobilisation contre l'accord doit s'amplifier. D'abord avec un bulletin NON, ce jeudi soir, lors du vote du Conseil national du PS puis avec la présentation de candidats socialistes dans les circonscriptions qui n'en auront pas.

Moi, je veux une union qui dure, pas un tripatouillage. Je suis en opposition avec cet accord et j'assume donc de présenter nos candidats.

Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie.

Car outre le programme politique, ce qui ne passe pas dans cet accord, c'est le peu de circonscriptions accordées au PS. Six seulement en Occitanie sur 49.

Aucune dans l'Hérault, où Montpellier est tout de même un fief de gauche depuis 1945, aucune dans le Gard et les Pyrénées-Orientales et une seule dans l'Aude, la 2e circonscription, dans un département historiquement socialiste au moins jusqu'en 2017.

Christian Assaf : "les Insoumis locaux, on les connait"

Pour le président du groupe socialiste à la Région Occitanie et membre du Conseil national du PS, "l'accord n'est pas acceptable". Le nombre de circonscriptions et la représentation des socialistes sont largement insuffisants.

LFI d'un coup se réveille unitaire. Mais les Insoumis locaux, nous, on les connait. Aux Municipales en 2020 à Montpellier, ils ont fait le choix d'Altrad au second tour et non celui de Delafosse. A la métropole, c'est difficile également.

Christian Assaf, vice-président de la métropole de Montpellier, membre du Conseil national du PS.

Pour lui, le PS est en train d'être dissout par LFI et le culte du chef ne va faire qu'empirer. Il ne faut pas confondre la Présidentielle et les élections locales, le rapport de force n'est pas le même, surtout en Occitanie.

"Nous verrons le résultat du vote pour l'accord. Et au soir du second tour des Législatives, le parti devra tirer les leçons des choix des dernières élections. Olivier Faure devra répondre de son oeuvre".

Hussein Bourgi : "l'accord doit être ratifié par les militants"

Pour le sénateur PS de l'Hérault, l'accord LFI-PS est "une mascarade pour des places, rien de plus". Il justifie ses propos par le fait que l'annonce de l'accord mercredi soir est intervenu alors que les discussions sur le programme se poursuivaient. Mais le désaccord sur l'accord est plus profond.

Le vote OUI est un reniement des valeurs et des idées du parti. Nous ne sommes pas d'accord sur l'Europe et sur l'internationaliste. On n'a pas préservé tous les députés sortants, ce qui est le minimum, au contraire, on en a sacrifié certains. Enfin, personne n'a été consulté sur le contenu, sur le nombre de circonscriptions et sur les candidats.

Hussein Bourgi, sénateur PS de l'Hérault.

Pour l'élu qui votera donc NON, un tel accord doit être ratifié par un vote des militants, "ce que ne fera évidemment pas Olivier Faure, puisqu'une énorme majorité des militants sont contre".

Hussein Bourgi attend désormais le congrès du PS à l'automne pour changer de cap, espère-t-il et donc de Premier secrétaire.

Kléber Mesquida : "il s'est soumis"

Pour le président du Conseil départemental de l'Hérault, tout est la faute du Premier secrétaire du PS Olivier Faure. Il prédit : "le PS ne renaîtra qu'au travers d'une refondation". Ses homologues du Tarn, de l'Ariège, des Hautes-Pyrénées ou encore du Lot sont sur la même ligne.

Nous, on est pas dans des marchandages. Dans sa circonscription de Seine-et-Marne, Olivier Faure n'aura personne à gauche contre lui. Moi j'ai connu ces personnages là, à Paris, il était secrétaire général du groupe, j'estime qu'il avait le charisme d'un directeur des pompes funèbres. Nous, on avait besoin de quelqu'un qui ait de la gouaille, qui sache faire entendre sa voix. Il s'est soumis. (...) Ils ont déposé la rose sur le cercueil.

Kléber Mesquida, président PS du Conseil départemental de l'Hérault.

Au micro de France bleu Hérault.

Michaël Delafosse contre l'accord

Le maire de Montpellier explique son désaccord dans un tweet daté de ce jeudi 17h39 en relayant celui de Carole Delga.

Le rassemblement de la gauche est nécessaire. Il doit se faire avec sincérité, cohérence et clarté. Il ne peut rompre sur des valeurs essentielles comme le projet européen, la laïcité. La gauche peut faire progresser la justice sociale si elle n’embrasse pas l’extrémisme.

Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et président de la métropole.

Au moment de la discussion au Conseil national du PS, le maire socialiste de Montpellier depuis 2020, Michaël Delafosse, assistera au lancement de la campagne
d'une figure du secteur coopératif, Fatima Bellaredj, candidate à nouveau dans la 2e circonscription, celle de Montpellier-centre.
Une circonscription gagnée au PS en 2017 par Muriel Ressiguier pour LFI et où Jean-Luc Mélenchon a remporté 45% des suffrages au premier tour de la Présidentielle. C'est aussi le fief électoral de deux anciens socialistes réputés, Georges Frêche et André Vézinhet. Tout un symbole.