Montpellier : après un taux de réussite historique au Bac, les inscriptions explosent dans l’enseignement supérieur

Le taux de réussite au bac général dans l'académie de Montpellier s’élève à 93,5%, du jamais vu. La région académique d’Occitanie est contrainte de favoriser la création de places dans toutes les filières de l’enseignement supérieur.
 

Océane et Oksana se préparent à une rentrée peu ordinaire à l'Université Paul Valéry Montpellier III - juillet 2020.
Océane et Oksana se préparent à une rentrée peu ordinaire à l'Université Paul Valéry Montpellier III - juillet 2020. © FTV Cybèle Plichart.
Dans l’académie de Montpellier, le taux de réussite au Bac 2020 atteint 93,5%, soit 16 points de plus que l’année 2019. Un chiffre historique dû à la crise sanitaire. Au mois d’avril, le ministère de l’Education nationale avait décidé de faire une croix sur les examens finaux et de tenir compte uniquement des notes de Terminale inscrites dans le livret scolaire ou le dossier de contrôle continu des deux premiers trimestres de l’année 2019-2020, avec comme consigne, la "bienveillance."

Hausse des inscriptions dans l'enseignement supérieur

Logiquement, le nombre d’inscriptions augmente dans l’enseignement supérieur, aussi bien dans le secteur public que privé. Le directeur d’une école privée, spécialisé dans les formations en alternance dans le secteur tertiaire, le confirme. Dans son établissement de Montpellier, les inscriptions en première année de BTS « Gestion de la PME », « Management commercial opérationnel » ou « Négociation et digitalisation de la relation client » sont d’ores et déjà multipliées par trois ! 

Anthony Laidin explique l’afflux des candidats : « la réforme de la formation professionnelle a engendré la libéralisation du contrat d’apprentissage ce qui a permis aux organismes de formation privés comme le nôtre d’avoir l’habilitation CFA. Dans cette politique de démocratisation de l’alternance, on a pu être référencé sur Parcoursup. Cette année, particulièrement, dans la mesure où les vœux étaient demandés au début du confinement, cela a engendré une recrudescence de demandes d’alternance en post-bac notamment pour ces jeunes qui savaient – pour la majorité d’entre eux - qu’ils allaient avoir leur examen au regard de leur dossier scolaire qui était au-delà de la moyenne. »

On envisage de dédoubler nos classes

Anthony Laidin, directeur d'un organisme de formation en alternance à Montpellier

Du côté de l'université Paul Valéry Montpellier III, c'est l'effervescence : des vacataires ont été embauchés pour traiter les dossiers d’inscription. Si le taux de réussite au bac est particulièrement élevé, pour le président de l’université, le nombre d'inscrits en première année n'apparaît pas exceptionnel pour autant.
400 étudiants supplémentaires ont d’ores et déjà été comptabilisés, c’est trop, mais le problème est récurrent selon le président Patrick Gilli : « Cette année ne fait pas exception, on est habitués à des rentrées sous tension, avec toujours davantage d’étudiants. L’an dernier c’était + 350 étudiants en première année (pour 7.000 étudiants en première année dans cette université qui en compte 21.000). Cette année, on s’achemine – les inscriptions ne sont pas terminées – vers des chiffres similaires, autour de 350, 400 étudiants de plus en première année. La difficulté vient du fait que l’université accueille toujours plus d’étudiants en première année. On peut s’en réjouir encore faudrait-il que les moyens suivent avec les locaux et le nombre d’enseignants chercheurs. Cela nous met toujours dans une situation difficile qui plus est dans des conditions sanitaires beaucoup plus délicates qu’à l’accoutumée. »

Cette année ne fait pas exception, on est habitués à avoir des rentrées sous tension.

Patrick Gilli, président de l'Université Paul Valéry Montpellier III

Plusieurs centaines de places en cours de création

Face à l’augmentation, parfois vertigineuse, du nombre d’inscriptions, Philippe Paillet, secrétaire général adjoint de région académique Occitanie, précise que «l’Etat est contraint de favoriser les créations de places dans toutes les filières qui existent que ce soit dans les BTS, les premières années de licence, les DUT ou les formations médicales et paramédicales

L’Etat est contraint de favoriser les créations de places dans toutes les filières

Philippe Paillet, secrétaire général adjoint de région académique Occitanie

En Occitanie, plusieurs centaines de places sont en cours de création. L’aide de l’Etat variera entre 1600 et 3200 euros par place selon la filière, une subvention reconduite chaque année pour couvrir le cycle de licence. Quant aux étudiants qui n’auraient pas eu de propositions satisfaisantes sur la plateforme Parcoursup, ils peuvent encore se tourner vers les commissions d’accès à l’enseignement supérieur : « Les néo bacheliers qui s’estiment en difficulté peuvent saisir une commission CAES pour trouver une solution et ce, jusque mi-septembre » précise l’académie d’Occitanie.
 
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