Montpellier : le covid fait bondir la précarité étudiante

En France 25 % des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. La crise du coronavirus est venue aggraver une situation déjà critique. Sans ressources ni jobs étudiants, Kilian et Lou se sont tournés vers l’épicerie solidaire de Montpellier.
 

Montpellier - Le coût moyen de la rentrée 2020 s'établie à 2.361 euros, soit 76 euros de plus (+5,1%) qu'en 2019 - Archives
Montpellier - Le coût moyen de la rentrée 2020 s'établie à 2.361 euros, soit 76 euros de plus (+5,1%) qu'en 2019 - Archives © FranceTV


Vivre avec six euros par jour. Une situation précaire, que Kilian vit au quotidien. Pour s’en sortir cet étudiant en troisième année de langues étrangères, s’est inscrit à l’épicerie solidaire de l’université Paul Valéry. 60 mètres carré de produits alimentaires et d’hygiène de première nécessité. Depuis sa réouverture en septembre, elle tourne à plein régime.

« Grâce à ça, je me permets des petits plaisirs, comme des kinders bueno » nous confie-t- il. Un euro, pour un paquet de six : c’est le coût maximal ici. En plus de ces produits vendus à un prix symbolique, les bénéficiaires ont droit à cinq aliments de base gratuits toutes les deux semaines.  Pour Kilian, ce sera lentilles, thon et sardines en boite. « Je mets un peu la qualité de côté, je privilégie le prix. Il faut faire beaucoup plus attention par rapport à avant. »

 
Montpellier - l'épidémie fait bondir la précarité étudiante
Montpellier - l'épidémie fait bondir la précarité étudiante © Archives | FTV
 

 Le covid fait exploser la précarité

Car depuis le coronavirus est passé par là, et les dégâts sur le niveau de vie des étudiants sont considérables. Selon une enquête Ipsos commandée par la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), 74 % des étudiants affirment avoir rencontré des difficultés financières depuis mars. A Montpellier, une centaine d’étudiants se rendent à l’épicerie solidaire chaque semaine.

 

Des jobs étudiants qui se font rares

Pour Lou, c’est la première fois. Cette étudiante fait le bilan de ses finances, pour évaluer son reste à vivre : il lui reste 195 euros pour finir le mois. « Ça devient difficile. J’ai 19 ans, je n’ai jamais travaillé et je n’ai pas d’argent de côté. J’aimerais trouver un job comme caissière ou serveuse. » Une recherche qui s’avère très difficile en cette période de pandémie.

"On était déjà précaires, mais le covid a renforcé cette précarité."

Edgard Bruel


« On était déjà précaires, mais le covid a renforcé cette précarité. Affirme Edgard Bruel, vice-président étudiant de l’université Paul Valéry. Il y a beaucoup d’étudiants qui travaillent durant l’été ou au cours de l’année, notamment dans l’hôtellerie –restauration. Ce sont des emplois très impactés par la crise qu’on a de plus en plus de mal à trouver. » En juillet déjà le nombre de jobs étudiants avait diminué de 24%.
 


Des drames qui se répètent

Selon le Secours populaire, 25 % des étudiants français vivent sous le seuil de pauvreté. Une situation dénoncée depuis plusieurs années déjà. En novembre dernier, une cinquantaine d’étudiants s’étaient réunis devant le CROUS de Montpellier en hommage à Anas K., qui s’était immolé par le feu à Lyon suite à la perte de sa bourse. Le 23 septembre un autre évènement dramatique a exposé au grand jour la détresse grandissante de certains étudiants. Doona, une jeune femme transgenre de 19 ans, en situation de précarité, s’était jeté sous un train dans la gare Saint-Roch.
 
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Aujourd'hui, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a participé à la commission d'attribution d'aides...

Publiée par Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier - SCUM sur Jeudi 28 mai 2020


Malgré le versement de 19 600 euros à 59 étudiants par l’Université Paul-Valéry, le syndicat étudiant Scum demande plus de moyens. "Nous revendiquons, auprès du gouvernement, une augmentation générale des bourses étudiantes […]. À Montpellier, nous revendiquons, auprès de l’université Paul Valéry, la pérennisation du budget alloué à l’aide financière en faveur des étudiants en difficulté. Avec ou sans Covid-19, pour les étudiants précaires, la crise c’est tous les jours !"
 
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