Montpellier : un gilet jaune grièvement blessé par un tir de flash-ball

Un gilet jaune a été grièvement blessé par un tir de flash-ball lors de la manifestation du samedi 19 janvier à Montpellier. Il a reçu un projectile juste au dessus des deux yeux. Il souffre de multiples fractures du crane.  / © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP
Un gilet jaune a été grièvement blessé par un tir de flash-ball lors de la manifestation du samedi 19 janvier à Montpellier. Il a reçu un projectile juste au dessus des deux yeux. Il souffre de multiples fractures du crane.  / © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP

Un gilet jaune a été grièvement blessé par un tir de flash-ball lors de la manifestation du samedi 19 janvier à Montpellier. Il a reçu un projectile juste au dessus des yeux. Il souffre de multiples fractures du crâne. 

Par Olivier Le Creurer

 Les faits se sont déroulés vers 17 heures 15 en centre ville de Montpellier. Les forces de l'ordre étaient positionnées à l'angle de la rue des Trésoriers de France et rue de la Loge, les manifestants se trouvant à une quarantaine de mètres selon les témoins, à hauteur de la rue Jacques Coeur, près de la place de la Comédie.

Des affrontements ont eu lieu entre les deux camps. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre. 
 


Impact entre les yeux

Axel, 25 ans, n'est pas en première ligne selon un témoin mais il est touché par un tir de LBD40 (lanceur de balle de défense de calibre 40 mm) juste au dessus des yeux. Les images sont très impressionnantes. Rapidement, il est exfiltré de la manifestation et pris en charge par les "street medic", chargés de venir en aide aux blessés et d'apporter les premiers secours. Comme ce sera le cas également pour un autre gilet jaune touché à une fesse. 
 


Hospitalisé en neurochirurgie

Les pompiers prendront le relais des "street medic" et Axer sera conduit à l'hôpital. Ce dimanche, il est hospitalisé en neurochirurgie où il pourrait rester encore 48 heures. Selon ses proches, il souffre de multiples fractures du crâne, d'une fracture de l'orbite droit, et d'un oeil oedematié. 

David Dufresne, écrivain-documentariste, recense les violences policières. Il a signalé les faits au ministère de l'intérieur. 

Dimanche matin, le préfet de l'Hérault a tenu à rendre hommage aux forces de l'ordre: "face à certains groupes ouvertement hostiles et violents lors de la manifestation non déclarée à Montpellier, les forces de l'ordre et de secours ont agi avec beaucoup de sang froid et de professionnalisme. Je salue leur courage et leur détermination".
 

 

Polémique


Mais face à la polémique sur l'utilisation des LBD40, le directeur général de la police nationale, le préfet Eric Morvan, a envoyé mardi 15 janvier un télégramme à ses troupes. Dans ce document, il rappelle les conditions d'utilisation du flash-ball au cours des opérations de maintien de l'ordre.

Le tireur ne doit viser exclusivement que le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs


Le lanceur de balles de défense de calibre 40 mm (LBD 40) "peut être employé lors d'un attroupement (...) en cas de violences (...), à l'encontre des forces de l'ordre" ou "si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent", écrit le patron de la police nationale. "Ces circonstances correspondent aux émeutes urbaines auxquelles les policiers sont actuellement confrontés", poursuit-il. "Le tireur ne doit viser exclusivement que le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs."
 

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