Montpellier : le dirigeant d'Orchestra épinglé par le magazine «Complément d’enquête» consacré aux escrocs du covid

Le magazine « Complément d’enquête », diffusé sur France 2 ce jeudi 8 avril à 23h, est en partie dédié à l’entreprise montpelliéraine Orchestra. Entreprise en liquidation judiciaire dont l’Etat a permis à l’ex-patron Pierre Mestre d’être le nouveau repreneur et d’effacer toutes ses dettes. 

L’entreprise Orchestra n’a pas fini de faire parler d’elle. À nouveau sur le devant de la scène, son dirigeant Pierre Mestre se retrouve protagoniste du magazine « Complément d’enquête » diffusé sur France 2 ce jeudi 8 avril, consacré aux escrocs de la Covid. L’enquête, signée par les journalistes Delphine Lopez et Xavier Deleu, explore les techniques de certains employeurs pour bénéficier indûment des aides de l’Etat attribuées exceptionnellement pendant la crise liée à la pandémie. 

Arnaque au chômage partiel

 Le 12 mars 2020, Emmanuel Macron annonçait devant la France entière que « l'État prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. Un mécanisme exceptionnel de chômage partiel sera mis en œuvre. Quoiqu'il en coûte ! ». 

Le magazine « Complément d’enquête », diffusé sur France 2 ce jeudi 8 avril à 23 heures dévoile comment certains chefs d’entreprise indélicats s’inventent des salariés. Des petites entreprises aux réseaux internationaux, les journalistes Delphine Lopez et Xavier Deleu révèlent au grand jour une gigantesque arnaque au chômage partiel.

L'enquête rapporte l'existence d'une autre mesure d’aide aux entreprises, beaucoup plus discrète. Pierre Mestre, l’ex-patron d’Orchestra, est l’un des premiers chefs d’entreprise à en avoir bénéficié.

Orchestra placé en redressement judiciaire

L'entreprise Orchestra, dont le siège social se trouve à Saint-Aunès près de Montpellier dans l'Hérault, était leader mondial du prêt-à-porter pour enfants et spécialiste de la puériculture. L’enseigne comptait près de 2 900 salariés dans le monde.
En septembre 2019, Orchestra subissant de grosses difficultés financières, le tribunal de commerce de Montpellier place l'entreprise en procédure de sauvegarde. Fin avril 2020, Pierre Mestre demande une conversion de la procédure en redressement judiciaire. 

En mai 2020, le Conseil des ministres décide la création d’une ordonnance covid, qui autorise les patrons en dépôt de bilan à garder les rênes de leur société et à effacer leurs dettes si leurs difficultés sont une conséquence de l'épidémie du covid-19.

Effacement de 650 millions d'Euros de dette

L’entreprise en redressement judiciaire cherche un nouveau patron. Le tribunal de commerce de Montpellier doit juger les offres de deux potentiels repreneurs :

Le 19 juin 2020, les juges tranchent en faveur de Pierre Mestre.

C’est donc grâce à cette ordonnance covid, que l’ex-patron a récupéré son entreprise, en effaçant la dette évaluée par les syndicats à 650 millions d’euros.


Les journalistes du magazine rapportent des témoignages accablants sur la gestion de l’entreprise. Pierre Mestre aurait délibérément suspendu le règlement des factures et repoussé le paiement des fournisseurs jusqu’au placement en procédure judiciaire. De nombreux fournisseurs et créanciers ne seront jamais payés. 
Les salariés continuent de se battre, en France et à l’étranger pour préserver l’emploi au maximum. 

Au 31 décembre 2020, le gouvernement a décidé de ne pas renouveler son ordonnance Covid.
 

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