Montpellier : le ras-le-bol des ATSEM, ils demandent la renégociation de leur temps de travail

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Écrit par Justine Salles
En septembre dernier, un rassemblement s’était déjà tenu devant la mairie de Montpellier.
En septembre dernier, un rassemblement s’était déjà tenu devant la mairie de Montpellier. © FTV

En plus de la crise sanitaire, la réforme du temps de travail des ATSEM a amplifié le malaise dans les écoles. Le taux d’absentéisme chez les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, pourtant précieux dans les classes des petits, oscille entre 35 et 38%.

Les arrêts de travail se multiplient et la tension monte dans certaines écoles maternelles de Montpellier. En cause, la réforme du temps de travail des ATSEM, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, qui amène leur nombre total d’heures à 1707, soit un quart d’heure de plus par jour. Un temps ajouté à des journées déjà longues. “On n’est pas contre, mais les missions qui nous sont proposées pendant ces dix heures de travail, c’est un truc de fou. Franchement, on est toutes épuisées. On se sent méprisées. On veut être entendues et que notre travail soit reconnu”, se désespère Marie, une ATSEM montpelliéraine qui a souhaité garder l’anonymat.

Les burn-out s’enchaînent

En septembre dernier, un rassemblement s’était déjà tenu devant la mairie de Montpellier. Depuis, les burn-out s’enchaînent... Et un collectif regroupant 120 ATSEM s’est formé. Marie, la porte-parole, nous décrit la journée type d’une ATSEM : “Nous arrivons à 7h40, ouvrons l’école à 7h45, accueillons les enfants dont les parents travaillent, puis allons en classe avec les instits à 8h35. A midi, c’est l’heure de la cantine. Sur 150 enfants dans mon école, 120 enfants y mangent. Il faut aussi aider les tous petits qui ne sont pas encore complètement autonomes. Nous travaillons avec beaucoup de bruit et la solution qu’on nous a proposé, c’est des bouchons d’oreilles”, rit-elle nerveusement. Elle regrette une perte de lien avec les enfants. 

Ce que je partageais avec eux, c’était vraiment de l'ordre du relationnel. On parlait de tout : du week-end, de la nourriture... Depuis octobre, nous n’avons plus ces échanges, nous sommes seulement des femmes de service : nous les servons et vidons leur assiette quand ils ont terminé

Marie, ATSEM montpelliéraine

La mairie de Montpellier se dit consciente de ce quotidien épuisant : “C’est vrai que cela fait des journées fatigantes. Nous en sommes parfaitement conscients, mais c’est la loi, nous n’avons pas d’autres choix que de l’appliquer” regrette Fanny Dombre Coste, première adjointe à la mairie. “Nous leur avions proposé de travailler le mercredi sur des centres de loisirs pour éviter d’avoir des journées de dix heures. Elles ont préféré ne travailler que quatre jours sur la semaine, ce que je peux comprendre...” ajoute-t-elle.

“J’adore les enfants, c’est eux qui m’ont fait tenir jusqu’à maintenant”

Marie a beau aimer son métier, qu’elle exerce depuis vingt ans, elle est aujourd’hui en proie au doute. 

Nous sommes nombreuses à penser à faire des formations, à demander à changer de métier. Et pourtant je vous promets que j’aime mon métier. J’adore les enfants et ils me le rendent bien. C’est eux qui m’ont fait tenir jusqu’à maintenant

Marie, ATSEM montpelliéraine

Malgré cela, l’ATSEM est allée voir son médecin, qui l’a arrêtée une semaine. “Je ne dors plus, j’ai perdu 5 kilos. Je n’en peux plus. En plus des collègues absentes et non remplacées, je me suis retrouvée seule avec trois classes de petits-moyens”, raconte cette dernière.

Face à un taux d’absentéisme de près de 38%, la première adjointe appelle au dialogue social : “Nous avons mis en place une concertation sur l’ensemble des filières de l’éducation : l’animation, les agents d’entretien et les ATSEM. Dans quelques jours, nous aurons probablement des préconisations. A ce moment-là, nous reverrons les organisations syndicales et s’il y a des ajustements à opérer, nous ajusterons”

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