Montpellier : une observatrice de la Ligue des droits de l'Homme, poursuivie pour rébellion contre la police, relaxée

Camille Halut, observatrice pour la Ligue des droits de l'Homme à Montpellier - 23/09/2019 / © F.Detranchant / FTV
Camille Halut, observatrice pour la Ligue des droits de l'Homme à Montpellier - 23/09/2019 / © F.Detranchant / FTV

Camille Halut, observatrice de la Ligue des droits de l'Homme, a été relaxée par la justice. La jeune femme était accusée de  s'être rébellée contre les forces de l'ordre lors d'une manifestation de gilets jaunes à Montpellier le 21 septembre dernier.
 

Par Isabelle Bris

Le tribunal correctionnel de Montpellier a prononcé jeudi la relaxe de Camille Halut, observatrice pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Cette étudiante en droit était accusée de "rébellion contre les forces de l'ordre" lors d'une manifestation de gilets jaunes à Montpellier, survenue le 21 septembre dernier.
 
A la barre, lors de l'audience du 12 décembre, la jeune femme avait nié toute rébellion contre les forces de l'ordre et soutenu la thèse d'une "mise en scène" policière. 

Un scénario "totalement inconcevable" pour le représentant du parquet qui avait requis 2.000 euros d'amende.

Demandant la relaxe, le président d'honneur de la LDH, Michel Tubiana, avait de son coté plaidé que l'interpellation de la jeune femme devant la préfecture "alors qu'il ne se passait rien" n'avait "aucun fondement".
Dont acte, puisque la justice semble être allée en ce sens.


Une victoire pour la défense des droits humains


« Nous accueillons avec satisfaction l’annonce de la relaxe de Camille Halut. C’est une victoire pour la défense des droits humains et pour les dizaines de milliers de personnes qui se sont mobilisées pour la soutenir ! »  a déclaré dans un communiqué Anne-Sophie Simpere, chargée de plaidoyer "Libertés" à Amnesty International France.
 
« Tout comme de nombreux observateurs de manifestations, Camille a fait l’objet de pressions, intimidations et violences de la part de la police. Depuis avril 2019, elle a déjà subi trois arrestations, passé cinquante-six heures en garde à vue et fait face à deux procès. » peut on lire sur le site internet d'Amnesty International France.


Le 3 octobre dernier, l'étudiante en droit |- dont le casier judiciaire est  vierge - avait été relaxée "d'entrave à la circulation" par le tribunal correctionnel de Montpellier.
 


Observer et filmer la police est un droit


« Observer et filmer la police est un droit. Les observateurs contribuent au respect des droits humains et en particulier à celui de l’exercice de la liberté d’expression », rappelle Anne-Sophie Simpere.

Selon Amnesty International France, les observations de Camille Halut ont contribué à la rédaction de plusieurs rapports : l’un d’eux a été produit devant le Conseil d’État, dans le cadre du référé liberté tendant à l'interdiction de l'usage des LBD 40, une arme dont Amnesty International France demande la suspension en maintien de l’ordre.

Ses observations auraient aussi servi à des saisines de l’IGPN pour des cas d’allégations d’usage illégal de la force.

Plus de 70 000 personnes s'étaient sont mobilisées en ligne pour exiger sa relaxe, selon l'association de défense des droits de l'homme. 

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