Montpellier : profs et parents d'élèves dénoncent la dégradation de l'enseignement au collège Croix d'Argent

Ils protestent contre l'insuffisance du nombre d'heures d'enseignement allouées par l'académie. A Montpellier, la situation du collège Croix d'Argent se dégrade selon une délégation des personnels et parents d'élèves reçus au rectorat hier mercredi. Ils en sont sortis très déçus.

A la rentrée prochaine, il manquerait 50 heures d'enseignement, soit l'équivalent de trois postes d'enseignants au collège Croix d'Argent de Montpellier.
A la rentrée prochaine, il manquerait 50 heures d'enseignement, soit l'équivalent de trois postes d'enseignants au collège Croix d'Argent de Montpellier. © France 3 LR

Quelques banderoles et une délégation de professeurs et de parents venus du collège Croix d'Argent. Une mobilisation dans le calme mais déterminée ce mercredi au rectorat d'Académie de Montpellier. Les dotations en heures d'enseignement sont prévues à la baisse pour la rentrée prochaine alors que les conditions d'apprentissage se sont déjà dégradées en quelques années. Tout cela dans un collège situé dans un quartier populaire de Montpellier qui aurait plutôt besoin de renforts.

Classes surchargées

Il y a dix ans, ils étaient 20 par classe au collège Croix d'Argent. A la rentrée prochaine, ils seront trente. "Ce qu'on attend, ce sont des postes pour notre collège" explique Justine Benoît, professeur d'anglais, sous les fenêtres du rectorat. Car la baisse de dotations se traduira concrètement, comme en témoigne sa collègue, professeure de français à Croix d'Argent :

"L'année prochaine on va perdre nos demi-groupes en français et en mathématiques en 3ème puisqu'on n'aura plus assez d'heures pour faire fonctionner ce système qui permettait de soutenir les élèves les plus fragiles mais aussi de proposer des activités d'approfondissement aux plus forts"

Camille Delpech. Professeure de français collège Croix d'Argent

La suppression des dispositifs d'accompagnement est une catastrophe pour ce collège qui accueille de nombreux enfants en difficultés. Certains ne parlent pas français chez eux, d'autres sont en situation d'handicap.

Aucune solution en vue

Le rectorat de l'Académie de Montpellier a bien reçu la délégation, mais sans solution à la clef, ce qui déçoit les professeurs, notamment Jean-Baptiste Vincensini du syndicat Sud Education, qui se souvient des récentes promesses de l'Education nationale: "Quand on entend le ministre Blanquer nous dire que la priorité est à l'éducation et qu'on fera tous les recrutement nécessaires, comme il le disait encore en novembre dernier, et bien sur le terrain on constate que ce n'est pas le cas, tout simplement!"

La démonstration mathématique du manque de postes au collège de Croix d'Argent.
La démonstration mathématique du manque de postes au collège de Croix d'Argent. © France 3LR

L'alerte lancée par les enseignants du collège Croix d'Argent est étayée de chiffres implacables. L'an prochain, le collège va accueillir 31 élèves de plus, ce qui élèvera l'effectif total du collège à 810 élèves, dans un établissement qui accueillait 500 élèves il y a dix ans.
De plus, face à cette surcharge du collège, les représentants de professeurs avouent qu'il leur est impossible aujourd'hui d'appliquer le protocole sanitaire renforcé, les locaux disposant de moins de salles que le nombre de divisions accueillies.

L'enjeu d'une scolarité épanouie

Parmi la délégation, la mère d'un collégien qui commence à développer une phobie scolaire. Angélique Nolaac est très inquiète de l'avenir du collège et du mal-être de son propre enfant maintenant sujet à des troubles nerveux.

Angélique Nolaac, mère d'un collégien de Croix-d'Argent en détresse, tient à témoigner.
Angélique Nolaac, mère d'un collégien de Croix-d'Argent en détresse, tient à témoigner. © France 3 LR

"Moi mon enfant ça fait un petit moment qu'il ne va plus au collège parce qu'il ne peut pas y aller. Simplement parce qu'il se retrouve dans une classe ou ils sont 27/28 élèves et où les difficultés sont telles que c'est compliqué pour un enfant de pouvoir se sentir bien dans l'établissement". Et la mère de Chyvan d'analyser : "le problème, ce n'est pas l'établissement lui-même, ni les enseignants. Je les connais depuis des années, il n'y a rien à redire là-dessus!"

Le problème, c'est l'encadrement insuffisant et la violence de l'école actuelle.

Angélique Nolaac, mère de Chyvan élève de 4ème

Les deux postes de surveillants supplémentaires réclamés depuis l'année dernière, afin de mieux encadrer les élèves, n'ont pas été accordés. Selon la délégation de Croix d'Argent, le rectorat ne pouvoit pas non plus les trois postes d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) auxquels les élèves concernés ont droit pour permettre leur inclusion.
D'après les syndicats, ces conditions dégradées pour la rentrée prochaine toucheraient la plupart des collèges. 1800 postes seraient supprimés au niveau national.

Le reportage à Montpellier de Caroline Agullo et François Jobard pour France 3 LR.

 

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