Montpellier : le projet du contournement ouest pour relier l'A750 et l'A709 pourrait sortir de l'impasse

Depuis 20 ans le projet du contournement ouest de Montpellier, censé relier l'A750 à l'A709, se retrouve au coeur des débats politiques. L'objectif de cette liaison : fluidifier la circulation à l'ouest de la ville. Une solution de financement a été trouvée et pourrait débloquer la situation.

Le trafic routier est le principal facteur de la pollution atmosphérique à Montpellier
Le trafic routier est le principal facteur de la pollution atmosphérique à Montpellier © France 3 Occitanie

Un projet des années 2000

C’est un projet qui est dans les tiroirs depuis presque 20 ans : le contournement ouest de Montpellier.
Ce contournement prévoit de relier sur une route de six kilomètres, l’A750 à l’A709, entre Juvignac et Saint-Jean-de-Védas. L’objectif : fluidifier le plus possible la circulation dans cette partie de la métropole.

Le projet revient aujourd’hui au cœur des débats, avec notamment une troisième enquête publique qui vient tout juste de s’achever :
 

C’est un vieux projet puisque l’enquête publique avait commencé en 2001. Elle a été stoppée puis elle a repris là cette année, ça s’est terminé la semaine dernière. Il y a eu du monde : sur internet pour les avis on avait dépassé les 600. En faisant la synthèse des avis, nous sommes sur quelque chose de favorable. Je peux comprendre que certaines personnes demandent certaines choses comme des compensations environnementales. On ne peut pas avoir le COM comme on le voulait il y a 20 ans et écarter la partie environnementale.

François Rio maire DVG de Saint Jean de Vedas

Depuis 25 ans, les véhicules s'engluent sur la route reliant les autoroutes au nord et au sud de la métropole de Montpellier. Un cauchemar matin et soir qui ne fait qu'empirer, c’est pourquoi le nouveau maire de Saint-Jean-de-Védas est lui plus que favorable à ce contournement ouest de Montpellier. Il prévoit de transformer la route actuelle par une "deux fois deux voies", en supprimant notamment les ronds-points : "Aujourd’hui Saint-Jean-de-Védas est enclavé, des milliers de voiture passe par là car c’est une zone d’activité importante, et aujourd’hui nous sommes bloqués. Et il faut débloquer. Déjà pour l’activité économique, les bouchons interminables, on multiplie par trois les temps de trajet. Aujourd’hui ce contournement est une priorité pour moi. J’appuie sur le fait qu’il faut une coulée verte, une véritable piste cyclable et pas ce que l’on a proposé sur l’avenue de Toulouse. Ce projet doit intégrer ces questions environnementales."

Un projet pas assez écologique

D'où la nouvelle enquête publique offrant à l'association Vélocité, l'occasion de donner son avis sur un projet, selon elle, totalement dépassé : "Nous sommes ravis qu’il y ait un débat autour de ce contournement. L’enquête publique et les élections municipales ont été l’occasion de discuter sur le fait que quand il y a des embouteillages il faut augmenter les capacités routières. Sauf que, quand on augmente les capacités routières, forcément on augmente le trafic, on augmente le nombre de véhicules. Donc il y aura plus de véhicules qui traverseront Montpellier. Nous sommes défavorables à ce projet, nous proposons un réseau cyclable express sur l’ouest de Montpellier. Nous demandons un projet plus créatif, plus imaginatif. Alors que là, nous sommes sur des schémas très anciens", confie Laurent Raffier, de l'association Vélocité.

Cette opposition fut au cœur de la bataille des municipales entre les verts et les socialistes, favorables au projet. Malgré leur union au second tour, les élus écologistes ne veulent toujours pas céder devant leurs alliés : aménager la route d'accord... La transformer en autoroute urbaine, pas question :

Je suis contre le contournement ouest, je suis contre le projet de transformer cette départementale en autoroute. C’est un projet disproportionné pour la métropole de Montpellier. Pour moi, il ne répond plus à l’urgence climatique, à nos types de vies d’aujourd’hui. On le sait plus de routes, c’est plus de voitures donc il faut arrêter de faire ces deux fois deux voies.

Coralie Mantion vice présidente EELV en charge de l'urbanisme - Métropole de Montpellier

Mais qui va payer ? 

Tous s'accordent aujourd'hui pour ajouter voies de bus et pistes cyclables au projet ! Le débat, il portera en fait sur son financement. Une facture qui devrait dépasser les 300 millions d'euros,  que personne ne veut régler confie le sénateur de l'Hérault, Jean Pierre Grand : "Le projet est de relier l’A750 à l’autoroute du sud et là il y a 10 communes qui sont directement concernées. Et ce projet, ce contournement ça vaut 250 millions d’euros. La métropole ne paiera pas, l’état ne paiera pas, le département ne paiera pas, la région ne paiera pas. Il n'y a qu’une solution c’est l’adossement, c’est-à-dire que la société concessionnaire de l’autoroute paye les travaux."

La solution du sénateur proposée il y a plus d'un an était restée lettre morte jusqu'à présent. Jusqu'à ce que la Métropole ne la reprenne et soutienne la proposition du sénateur ! Il suffit de demander à Vinci autoroute de payer les travaux en rallongeant, en contrepartie, sa concession pour l'exploitation de l'A9 : 

Nous privilégions l’adossement à la concession et donc nous pensons que le coût doit être entièrement supporté par la société concessionnaire, c’est-à-dire aux autoroutes. Je pense qu’un dialogue est possible avec l’état, c’est une liaison autoroutière mais elle s’insère dans la ville et traverse la ville. On peut imaginer une vitesse limitée à 70km/h.

Julie Frêche, vice présidente PS chargée des transports et des mobilités - Métropole de Montpellier

La balle est désormais dans le camp de l'Etat, responsable du projet ! En attendant les conclusions de l'enquête publique et l'éventuel feu vert du gouvernement, il faudra ensuite prévoir 5 ans de travaux. Bref, le contournement ouest n’est pas encore pour demain.

Le reportage de Florent Hertmann et Enrique Garibaldi 
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