"Nous avons perdu 95% de notre activité" : au MIN de Montpellier, les grossistes s'adaptent pour écouler les stocks

A Montpellier, des milliers de restaurateurs se fournissent en gros au Marché d'Intérêt National. Mais à cause des deux confinements et de la fermeture des bars et restaurants, certains grossistes ont dû s'adapter pour ne pas perdre leurs marchandises ni leur activité. 

Au marché d’intérêt national de Montpellier, les grossistes s'adaptent pour écouler leurs stocks - décembre 2020
Au marché d’intérêt national de Montpellier, les grossistes s'adaptent pour écouler leurs stocks - décembre 2020 © FTV - Yannick Leteurnier

Un marché d'intérêt national vide pour les fêtes de fin d'années 

C’est l’une des périodes les plus importantes pour les grossistes du Marché d’Intérêt National de Montpellier. Celle où les                  restaurateurs se pressent en dernière minute pour venir chercher les commandes, où les camions enchaînent les va-et-vient pour livrer à temps pour la grande soirée du 31. Mais cette année, les allées du MIN sont désertes, pas de camions, pas de particuliers. Une année qui ressemble à aucune autre : la faute au covid.

« L’activité sur le MIN de Montpellier a subi les impacts de la crise covid dans le sens où près de 2 000 restaurateurs, des centaines de fleuristes aussi et des cantines collectives, qui viennent s’approvisionner régulièrement ont subi des fermetures administratives pendant la période de confinement, confie Olivier Lauro, le directeur général du MIN de Montpellier, impactant directement les producteurs et les grossistes. Une vingtaine de grossistes a subi des pertes significatives supérieures à 50% ».

Les grossistes s'adaptent

C’est le cas de Philippe Dupont, le gérant de Promocash à Montpellier : « le Nouvel An cette année, c’est triste, très triste », confie le gérant. C’est sa huitième année à la tête de cette entreprise et pour la première fois, il a changé ses habitudes : "Nous n’avons pas le choix, nous avons perdu 95% de notre activité sur la partie boissons et liquides, donc nous avons dû nous adapter. Nous avons ouverts nos rayons au grand public pour compenser. Nous avons essayé d’apporter plus de services que d’habitude, nous avons adaptés nos produits, nos quantités aussi. Par exemple au lieu de vendre 10 kilos de moules, nous vendons en petites barquettes. »

Mais ce n'est pas suffisant pour le gérant, il a dû fermer son deuxième magasin : « Comme nous n’avons pas toujours les produits adaptés aux particuliers et à leurs besoins, on va dire que l’on a sauvé les meubles mais ça ne suffit pas à sauver notre activité car on a perdu au moins 50% de notre chiffre d’affaires sur l’ensemble des deux mois de confinement. »

 

La consommation change 

D’autres ont réussi à tirer leur épingle du jeu. "Certains ont changé leur mode de fonctionnement, puis la consommation s’est déportée de la restauration vers l’alimentation chez le particulier, et les gens qui avaient économisés en dépensant moins pour leurs loisirs ont pu se faire plaisir sur l’alimentation, en achetant des produits davantage festifs, comme la volaille ou le fromage profitant à certains revendeurs," nous dit le directeur général du MIN.

C’est le cas de Sébastien Gleyze, il est co-gérant de la société Sud de Fromage. Par rapport à l’année 2019, son chiffre d’affaire a augmenté de près de 35%. Pour lui, ce sont les habitudes alimentaires des consommateurs ont changé : « Avec le covid-19, explique le co-gérant, nous sommes sur des soirées festives différentes, nous ne sommes plus sur des repas de 200 ou 300 personnes avec des repas organisés mais nous sommes plus sur des soirées familiales et conviviales. Les gens ont envie de se faire plaisir ensemble. Aujourd’hui avec ce froid, nous sommes plus sur des raclettes, des produits que l’on peut cuisiner et partager en famille."

La plupart des rayons du magasin est vide, le gérant a même dû recruter deux salariés pour faire face à la demande.

Rémy Dubernet, qui gère une société de viande sur le MIN, ne connaît pas le même succès. Lui a tout misé sur son site internet : « Notre activité est basée à 70% sur la restauration, activité qui a totalement disparu avec les confinements successifs. Cette année, nous avons eu un support qui était notre site internet le goût du bœuf qui nous a permis de proposer à la clientèle particulière des produits festifs. Donc cette année, le bilan pour les particuliers via le canal de vente de notre site représente 100% de notre activité : tout ce que nous n’avons pas vendu pour la restauration a été vendu pour les particuliers sur notre site internet. »

Aujourd’hui, la vente pour les particuliers représente entre 80 et 90% du chiffre d’affaires de la boucherie, en 2019 cela ne dépassait pas les 30%.

 

 

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