"On a tous notre rôle à jouer" : piscines, viticulteurs et pompiers s'allient pour préserver l'eau et combattre les incendies

Pour mieux lutter contre les incendies et préserver les réserves d'eau potable de l'Hérault, un maillage a été créé pour permettre aux pompiers de disposer de diverses réserves d'eau non potable disséminées dans le département.

Il fallait y penser. Pour mieux lutter contre les incendies tout en préservant les réserves d'eau potable qui s'amenuisent dans l'Hérault, une convention a été signée début juin par le Sdis 34, la Coopération agricole d'Occitanie et la Chambre d'agriculture du département. Le but : stocker dans des cuves coopératives réparties sur le territoire, normalement destinées au vin, de l'eau non potable à destination des soldats du feu.

Grâce à cette collaboration, près de 4 500 m³ ont pu être mis à disposition des pompiers pour cet été, soit presque autant d'eau potable économisée.

Lutte contre le gaspillage

Un enjeu organisationnel, mais aussi écologique. L'idée a tout de suite plu à Françoise Vignal, présidente de la salle de sport Le Cam, à Celleneuve, à l'ouest de Montpellier. "Chaque année, la loi nous impose de vidanger notre piscine, sauf que toute cette eau part aux égouts, donc on a décidé de la donner aux pompiers", explique-t-elle. "On a eu l'idée en voyant que ça s'était déjà fait à Palavas." Fière de son geste, la responsable a posté la vidéo de la scène sur le compte Instagram du complexe sportif.

L'opération, qui a nécessité pour la mairie de bloquer la rue le temps nécessaire, a eu lieu jeudi 10 août au matin. "Ça a pas mal intrigué les clients et les passants de voir les pompiers devant la salle, sourit la gérante. Ils se demandaient si quelqu'un avait été blessé." Pas de panique pour les usagers, la piscine sera de nouveau remplie dans les jours qui viennent.

Ça ne nous a rien rapporté, mais ça ne nous a rien coûté non-plus, c'était pour la bonne cause. On espère pouvoir refaire la même chose l'année prochaine.

Françoise Vignal, présidente de la salle de sport Le Cam à Celleneuve

Les 70 m3 d'eau ainsi pompés, de quoi remplir quatre camions de pompiers, ont été envoyés dans une cuve coopérative à Pignan. Une opération similaire est en négociation pour la piscine municipale de la Paillade à Montpellier.

Bon sens écologique

"On est parti du constat qu'utiliser de l'eau potable pour éteindre les incendies n'était pas la meilleure des idées en termes de protection de l'environnement, explique Jérôme Bonnafoux, lieutenant-colonel des pompiers de l'Hérault. On s'est dit qu'il valait mieux utiliser de l'eau brute, c'est-à-dire non traitée pour être potable. On pourrait utiliser de l'eau de mer, mais le sel corrode notre matériel donc ce n'est pas l'idéal." Outre les piscines, publiques comme privées, le dispositif prévoit aussi d'utiliser l'eau des marais, des étangs, des lacs ou encore des petits ruisseaux, comme le canal du Midi, soit environ 200 points d'eau utilisables répartis dans tout l'Hérault.

Il y a une forte sécheresse en ce moment sur le territoire, or l'eau jetée sur les flammes n'est pas récupérable. C'est un bien précieux, alors autant bien l'utiliser.

Jérôme Bonnafoux, lieutenant-colonel des pompiers de l'Hérault

La principale nouveauté reste l'utilisation du réseau de cuves coopératives, d'une contenance de 15 à 30 m³ chacune et usuellement destinées à contenir du vin, pour permettre aux pompiers de disposer de réserve d'eau aux quatre coins du territoire. Grâce à leur système informatique, les pompiers peuvent donc rapidement repérer, lorsqu'il y a un incendie, où se situe la réserve la plus proche.

"Il existe une cinquantaine de caves coopératives dans l'Hérault et elles disposent d'importantes capacités de stockage inutilisées", détaille Delphine Antolin, responsable antenne de l'Hérault à la Coopération Agricole d'Occitanie, en charge de la partie technique du projet. "De par l'histoire du territoire, chaque commune du département dispose d'une cave coopérative. Elles ont évolué dans le temps et, par un jeu de restructuration, certaines sont peu, voire pas du tout utilisées, car plus conformes aux normes actuelles. De plus, on a globalement une baisse de la production de vin depuis des années. On a donc décidé de mettre cet espace à profit, car on a tous notre rôle à jouer."

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