Restrictions/Covid : casse-tête en vue dans les cantines scolaires de Montpellier

Plus de brassage de classes à la cantine ! Pour limiter la croissance des cas de Covid-19 en France, le protocole sanitaire durant les repas sera encore renforcé dans les écoles à partir du 25 janvier, annonce l'Etat. Un vrai défi à relever pour bon nombre de municipalités, comme Montpellier.  

Un repas à la cantine dans une école élémentaire de Montpellier.(Photo d'illustration)
Un repas à la cantine dans une école élémentaire de Montpellier.(Photo d'illustration) © IP3 PRESS/MAXPPP

Jean Castex l’a annoncé jeudi soir : « dans les cantines, il n'y aura pas de brassage possible ». Une vigilance accrue sera mise en place au moment des repas, puisque c'est le moment où les élèves enlèvent leur masque.

Les élèves d'une même classe devront donc manger tous les jours ensemble. Et si ce n'est pas possible, le temps de restauration sera "allongé" a décrété le Premier ministre. 

15 000 repas par jour dans les écoles de Montpellier

Pour une ville comme Montpelier, qui doit servir 15 000 repas par jour dans les écoles maternelles et élémentaires, c’est un véritable casse-tête qui se profile.

D’abord parce qu’on ne pourra pas pousser les murs des écoles : les classes sont déjà très chargées, avec 30 élèves en moyenne en maternelle et à peine moins en élémentaire, du CP au CM2.

Ensuite, parce que le service des employés municipaux qui interviennent dans les écoles est en crise depuis des années avec un taux d’absentéisme qui tourne autour des 30%.

Une réponse école par école

Dans ce contexte, la ville de Montpellier, comme la plupart des communes de l'hexagone, a désormais dix jours pour trouver des solutions : la municipalité réfléchit aux moyens d'instaurer un troisième service le midi (vu la densité de la démographie scolaire, bon nombre d’écoles en ont déjà deux en temps normal), et/ou livrer des repas dans chaque classe.

Si Fanny Dombre-Coste comprend bien la démarche du Premier ministre, la premier adjointe au maire de Montpellier et déléguée à l'éducation regrette le manque d’anticipation de l’État.

Aujourd’hui, on a l'impression que le gouvernement renvoie la patate chaude sur les communes ! 

Fanny Dombre-Coste, 1e adjointe au maire de Montpellier

"Nous allons donner une réponse adaptée école par école", affirme Fanny Dombre-Coste. " Là où il ne sera pas possible d’assurer un service de restauration supplémentaire, il y aura distribution de paniers repas froids par roulement. Nous allons également embaucher des animateurs supplémentaires pour ne pas épuiser les équipes en place."

La ville assure qu’elle communiquera tous ces changements d’ici le 25 janvier aux parents par tous les moyens possibles dont le portail internet Presto.

Un manque d’anticipation dénoncé par les syndicats d’enseignants

Même son de cloche du côté du Snuipp-FSU de l’Hérault : le premier syndicat d’enseignants en primaire regrette lui aussi ce manque de préparation et rappelle que dès l’été, il avait demandé à ce que l’Education Nationale embauche massivement des professeurs. Demande reste quasi sans réponse.

Dans le département de l’Hérault, il y a eu moins de 10 enseignants remplaçants embauchés, et encore, seulement jusqu'aux vacances de février!

Anthony De Souza, co-secrétaire SNUIPP 34

De son côté, le syndicat des enseignants Unsa dénonce également un manque d’anticipation récurrent et se dit de plus particulièrement inquiet de la suspension des activités physiques en milieu clos "qui va conduire de fait à la réduction de l’activité physique tout court".

Conscient du risque épidémique, l’Unsa sohaite que l’Education Nationale fasse tout pour rassurer et faire adhérer le plus grand nombre aux décisions prises.

"Cela passe par de l’anticipation, une communication maitrisée et des mesures claires, cohérentes et applicables." explique Jean-Robert Biggi, son secrétaire départemental dans l'Hérault, par communiqué.  

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