Une association de défense de l'environnement déplore la mort d’un aigle royal, tué par une éolienne

Jeudi 16 janvier, un aigle royal a été tué en plein vol. Il se trouvait à proximité d’un parc d’éoliennes construites illégalement dans l'Hérault. Dénonçant un crime qui ne doit pas rester impuni, le collectif Toutes nos énergies Occitanie environnement soutient la plainte déposée par des associations de protection des animaux.

C’en est trop pour le collectif régional Toutes nos énergies Occitanie environnement TNE/OE. Après la mort d’un aigle royal mi janvier, tué en plein vol par une éolienne, il met en cause le promoteur immobilier propriétaire du parc. Selon plusieurs associations, il s’agirait du groupe Énergie Renouvelable du Languedoc (ERL). 

"Dans les certitudes que l’on peut aussi avoir, c’est qu’un promoteur éolien a gagné beaucoup d’argent avec une installation illégale et qu'il n’aura jamais à le rendre et certainement pas à indemniser pour les dégâts commis : les aigles ayant peu de chances de gagner un procès”, déplore dans un communiqué TNE/OE.  “Mais les associations qui les défendent peut-être…

Toutes ces espèces protégées vont-elles toutes mourir, hachées par les pales des éoliennes (...) ?

Le collectif régional Toutes nos énergies Occitanie environnement TNE/OE.

Des installations illégales

Le collectif TNE/OE, précise-t-il, ne fait pas partie "des associations agréées pouvant réclamer indemnisation au titre du préjudice écologique". Mais il se réjouit que France Nature Environnement-Languedoc-Roussillon et l'Office Français de la Biodiversité (OFB), aient déposé une plainte pour destruction d'espèces protégées auprès du Procureur de la République, qui dispose des dernières données GPS de l'aigle royal.

TNE/OE espère maintenant que cette procédure judiciaire pourra aboutir à la démolition des éoliennes installées sur le site de Bernagues, près des contreforts du Larzac dans l’Hérault. Pour rappel, ces installations ne respectent pas le plan local d’urbanisme et contreviennent aussi à la  présence d'animaux protégés.

"Le permis de construire a été annulé trois fois déjà au Conseil d'État, en 2011, 2012 et 2017. Mais avant que le permis soit définitivement annulé les entreprises ont construit ces éoliennes, c'est-à-dire qu'ils nous ont mis devant le fait accompli", déplorait Marjolaine Migraine-Villey, porte parole du Collectif pour la protection des paysages et de la biodiversité 34 12, interrogée par France 3 Occitanie en décembre 2020.

Selon Toutes nos énergies Occitanie environnement, “le dernier jugement vaut démolition des éoliennes dans les 4 mois, sinon 9000€ d’astreinte par jour”. Or, le groupe Énergie Renouvelable du Languedoc se serait rapproché de à la Cour de Nîmes afin de surseoir à son exécution, indique l'association, qui assure qu’une "audience est prévue ce vendredi 10 février à 9h."

“Cette mort est scandaleuse”

Cette mort est scandaleuse”, s'insurge le collectif qui assure que “le territoire de chasse de l'unique couple a déjà été morcelé par la cinquantaine d'éoliennes de Lunas et Joncels”.

Toutes ces espèces protégées vont-elles toutes mourir, hachées par les pales des éoliennes, tant qu’elles seront encore présentes, et en grand nombre sur les crêtes de nos montagnes, où elles circulent profitant des ascendances thermiques ?” interroge-t-il. 

En plus de cet aigle royal, d’autres animaux protégés ont été retrouvés morts en Occitanie à proximité de champs d’éolienne ces dernières années. Courant 2017, un aigle royal avait déjà été tué par une pale d’éolienne sur le même plateau de l’Escandorgue à Joncels, dans l’Hérault.