Village de transition pour Roms à Montpellier : la justice autorise la poursuite du chantier dans le quartier de La Rauze

Depuis le 9 février, des riverains du quartier de La Rauze, à Montpellier, manifestent contre l'installation d'un camp temporaire pour l'hébergement et l'insertion d'environ 180 à 200 Roms. Ces opposants craignant pour leur sécurité ont même bloqué le chantier. Le tribunal administratif vient de rejeter leur demande de suspension des travaux et a décidé la poursuite des aménagements.

Les familles de Roms, actuellement basées à Celleneuve, devraient s'installer dans le quartier de La Rauze, fin mars.

Le tribunal administratif de Montpellier vient de donner raison à la Métropole qui a débuté des travaux d'installation et des aménagements d'un village temporaire pour les accueillir durant 18 mois.

Les manifestations n'y ont rien fait.

La justice autorise la poursuite des travaux

Comme le redoutait le collectif de riverains de La Rauze, le tribunal administratif de Montpellier s'est prononcé en référé contre leur demande de suspension des travaux. Un chantier lancé début février par la Métropole.

Le juge n'a pas statué sur la légalité ou non des travaux mais il a rejeté "le référé suspension pour défaut d'urgence" déposé par les riverains estimant justement qu'il n'y avait pas d'urgence à stopper le chantier.

"La légalité de ces travaux n'est donc pas tranchée. Le tribunal a statué uniquement sur l'urgence. Il va falloir attendre plusieurs mois pour savoir sur le fond, si le préfet et le maire ont enfreint ou non la loi".

Jérôme Jeajean, avocat du collectif de riverains.

Le maire de Montpellier a reçu une délégation du collectif vendredi soir. Michaël Delafosse a donné des gages aux riverains en matière de sécurité. Il a notamment parlé de tolérance zéro concernant d'éventuels troubles, évoquant même des expulsions possibles.

"Le maire s'est engagé sur une sécurité maximum durant le temps d'existence du camp de Roms. Il nous a aussi assuré de la propreté du site. A l'issue du projet de village transitoire, la mairie de Montpellier s'engage à discuter avec celle de Lattes et avec les riverains de l'avenir de cette réserve foncière".

Franck Merican, membre du collectif de riverains.

Des riverains inquiets pour leur sécurité

Leur inquiétude et leur désarroi ne cessent de grandir, ajouté à leur colère de voir comment cette situation leur a été imposée, dans une zone résidentielle.

Le préfet de l’Hérault entend détruire l’intégralité des bidonvilles de Montpellier. Le plus important, celui du quartier de Celleneuve, doit disparaître d’ici mars prochain. Ce village de transition, situé au sud-est de Montpellier, non loin de l'échangeur de l'A709 des Prés d'arènes, doit permettre d’accompagner et d'insérer une grande partie des Roms expulsés. Soit 180 personnes, dont une cinquantaine de mineurs.

Pour apaiser la situation, la ville qui avait déposé plainte contre le collectif pour le blocage du chantier les 9 et 11 février, l'a finalement retirée.

Un site avec une durée de vie limitée ?

Désormais, le collectif n'a d'autre choix que de faire confiance à la préfecture de l'Hérault et à la municipalité de Montpellier qui parlent de "village temporaire".

Selon l'avocat du collectif des riverains : "la loi de juin 2021 autorise ce genre de constructions sur des terrains viabilisés pour un maximum de 18 mois".

“C’est un hébergement collectif transitoire pour 2 ans maximum”

Hughes Moutouh, préfet de l'Hérault

3 millions d’euros ont été débloqués par l’Etat pour accompagner ces familles.

“Ces 3 millions, vont essentiellement aller dans de l’accompagnement individualisé”, précise le préfet de l’Hérault. “ Cet argent servira au paiement de salariés associatifs spécialisés, afin de favoriser une meilleure insertion économique et sociale. L’objectif c’est de donner un coup de main en vue d’une insertion dans des logements, d’avoir un travail et de pouvoir scolariser ces enfants” a-t-il expliqué à France 3.