Le navire-usine qui met l’eau de mer en bouteille bientôt de retour à Sète

Le phare du port de Sète - illustration- juillet 2019 / © Max PPP
Le phare du port de Sète - illustration- juillet 2019 / © Max PPP

L'Ôdeep One, le navire de la société OFW Ships, devrait rentrer au port de Sète à la fin de la semaine, vendredi 17 janvier, après 9 jours en mer. Ce bateau-usine embouteille l'eau de mer, filtrée selon un procédé exclusif mis au point par un capitaine de la marine marchande.

Par Carine Alazet

Selon OFW Ships, les premières bouteilles d'eau de mer filtrée ont été produites dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 janvier.

L'"Ôdeep One" est parti de Sète, son port d'attache, mercredi 8 janvier, avec 60 personnes à son bord.

Le projet est né en 2013, dans la tête d'un ancien capitaine de la Marine marchande, Régis Revilliod. Il a d'abord fallu mettre au point le procédé exclusif qui permet d'isoler le sel (chlorure de sodium) de l'eau de mer.

Dans un premier temps, un bateau expérimental, le "Little Ôdeep", a été affrêté pour recueillir l'eau de mer au large de Hyères, dans le Var. Et c'est un laboratoire, à terre, qui s'occupait ensuite de la mettre en bouteille.

Une fois le procédé industriel mis au point, un nouveau navire a été affrêté.
 

Un bateau-laboratoire-usine, tout en un, unique au monde


L'"Ôdeep One", rattaché au port de Sète depuis novembre 2019, regroupe lui l'ensemble des unités de production, pour la filtration et la mise en bouteille de l'eau de mer.
 

C'est un procédé unique au monde.

"C'est un procédé unique au monde qui permet une filtration sélective de l'eau de mer : on enlève le chlorure de sodium mais on garde tous les sels minéraux et les acides aminés des eaux profondes", explique Charlotte Leclère, chargée de la communication d'OFW Ships pendant que son fondateur Régis Revilliod est en mer.

Un procédé tout-à-fait différent du dessalement de l'eau de mer et un secret bien gardé par OFW Ships.

On puise l'eau de mer à 300 mètres de la surface, dans une eau profonde de 2.000 mètres. L'Ôdeep One opère à plus de 200 kilomètres des côtes. On n'ajoute rien, on enlève seulement le chlorure de sodium plus communément appelé sel.


Des paramètres précis, qui, selon l'entreprise, "garantissent l'eau de mer des pollutions liées aux fonds marins, à la proximité des côtes et à la surface".
 

Des bateaux de production... proches des sites de vente


L'idée de Régis Revilliod, le fondateur d'Ocean Fresh Water Ships, c'est d'équiper des navires-usines et de les envoyer ensuite produire à proximité des pays où les bouteilles seront vendues.

Des bouteilles en plastique recyclable pour l'instant, mais à terme en plastique bio-sourcé.
 

Nous voulons une empreinte carbone la plus neutre possible, voire positive. Nos navires ne poussent pas leurs moteurs pour gagner du temps, ils fonctionnent au diesel oil, le carburant le plus écologique du marché, et toute notre phase de production en mer se fait à la dérive.

Dans ce projet, Sète serait le port d'attache d'OFW, pour mettre au point des navires qui partiront ensuite produire ailleurs.

L'"Ôdeep One" devrait produire 750 palettes par semaine soit 1 323 000 bouteilles de 600 ml, vendues au prix public de 1,95 euros chacune, selon les chiffres annoncés par l'entreprise.
 

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