Freescale, c'est vraiment fini

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Écrit par Laurence Boffet

La table ronde sur l'avenir du site s'est soldée par un échec. C'est la fin des espoirs de reprise pour les salariés.

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Echec de la table ronde sur l'avenir de Freescale

La table ronde organisée aujourd'hui en préfecture de Toulouse a mis fin à tout espoir de reprise pour les salariés de Freescale. La fermeture du site de production annoncée pour le 10 août 2012 semble désormais inéluctable.

Les salariés de Freescale attendaient beaucoup de la table ronde organisée en préfecture de Haute-Garonne, pour décider de l'avenir de leur unité de production, à trois semaines de sa fermeture programmée.

Elle réunissait représentants des salariés, de la direction de l'entreprise, de l'Etat et des collectivités locales et John Palacin, conseiller du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

Une table ronde pour évoquer une éventuelle reprise du site. Une table ronde qui s'est soldée par un échec.

John Palacin avait été chargé fin mai d'étudier tous les projets possibles de maintien de l'activité. Il a dressé aujourd'hui un constat d'échec. Quant au projet de reprise partielle évoqué par la CGT depuis plusieurs mois, il a été abandonné, faute d'accord avec la direction.

L'unité de production de Freescale fermera donc bien ses portes comme annoncé le 10 août 2012. La direction a annoncé aujourd'hui par la voix de son directeur, Denis Blanc, que les lettres de licenciements vont parvenir aux salariés concernés le 10 août et que "les machines sont à vendre".

En contact depuis plusieurs mois avec le conseiller du ministre du redressement productif, les représentants des salariés ont quitté la réunion en grand désarroi, dénonçant notamment l'inaction des pouvoirs publics.

Une réunion du comité de suivi du Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) doit se tenir vendredi pour évoquer le plan social et le reclassement des salariés.

C'est le début de la fin d'un long combat engagé par les salariés de Freescale le 22 avril 2009. A cette date, le géant américain des semi-conducteurs né de la scission des activités de Motorola, avait annoncé son intention de réduire ses activités et de supprimer 1057 emplois dans deux unités toulousaines : la téléphonie et les semi-conducteurs.

La fermeture de l'unité de production de semi-conducteurs a été maintes fois reportée depuis. Elle était initialement programmée pour mai 2011 et 821 personnes auraient dû être licenciées. Mais l'activité a été prolongée à 5 reprises pour honorer des commandes. Cette unité de production spécialisée dans la fabrication de puces pour l'industrie automobile emploie encore aujourd'hui 570 personnes et près de 600 intérimaires. Selon les syndicats, le site de Toulouse a réalisé 18 millions d'euros de bénéfices en 2011, preuve qu'il est viable, malgré les projets de fermeture de la direction.

Le projet de reprise partielle évoqué par la CGT de Freescale prévoyait de sauver la moitié des emplois mais il aurait nécessité que la direction de Freescale s'engage à racheter une partie de la production au repreneur.