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Iván Fandiño raconté par Nestor García

Le matador Iván Fandiño qui a trouvé la mort samedi 17 juin à Aire sur l'Adour a eu une trajectoire taurine particulièrement compliquée. Son ami et manager depuis octobre 2002, Nestor García, l'avait racontée dans un texte magnifique.

Le témoignage de Nestor García a été publié le soir même de la tragédie d'Aire par le matador vénézuélien Erick Cortés. En voici une tentative de traduction (extraits).

La trajectoire taurine d'Iván Fandiño, c'est l'histoire de la victoire d'un survivant, un héros. Iván vient d'un inframonde que l'élite des toreros n'a jamais fréquenté, même dans ses pires cauchemars. Un écosystème de barricades improbables, d'arènes de fortune, de toros dans les rues, de poussière et de chaleur, de dureté et d'auberges. Une planète qui dévore tous ceux qui veulent y vivre, un monde qui détruit systématiquement tous les espoirs, qui use le moral, qui châtie sans rémission ceux qui veulent en échapper. Mais pas Iván. Iván, c'est l'erreur du système, c'est un hors série, il a brisé les règles. Et il les a brisées de la manière la plus impossible qui soit : en regardant l'horizon lointain et jamais les accidents du chemin de tous les jours.

Il y eut des moments critiques au début de notre compagnonnage. La guerre semblait perdue. La situation était sans issue, mais Iván trouvait l'issue : il revêtait son costume de héros et il donnait le meilleur de lui-même. Quand nous avons commencé à cheminer ensemble, chaque contrat signé était une opportunité. Chaque série de passe un répit. Chaque oreille coupée, un pas en avant. Chaque article de presse une bouffée d'oxygène. Et chaque succès un argument pour continuer la lutte. Il fallait conquérir pas à pas, mètre après mètre, colline après colline.

C'est pour ça que chaque après-midi importante, dans la solitude du patio de caballos, dans la chambre de toutes les peurs, celle où les hommes sont affligés et où les héros sont plus grands, je continuerai à m'approcher d'Iván et je lui répèterai comme toujours : soldat, aujourd'hui c'est la victoire !


Nestor García

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