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Le chauffard meurtrier d'un policier lors d'un contrôle routier en Aveyron sera présenté au pôle criminel de Montpellier

Les lieux du drame, à Aubin / © Max PPP
Les lieux du drame, à Aubin / © Max PPP

Après la mort d'un policier du commissariat de Decazeville à Aubin (Aveyron), vendredi lors d'un contrôle routier, le chauffard qu'il tentait de contrôler sera présenté dimanche au pôle criminel de Montpellier

Par VA

Un policier tué lors d'un contrôle à Aubin
Le conducteur de la voiture qui a percuté Benoît Vautrin, un policier de 37 ans du commissariat de Decazeville, lors d'un contrôle routier à Aubin, dans le nord-ouest de l'Aveyron, sera présenté dimanche au pôle criminel de Montpellier, a-t-on appris auprès d'Yves Delpérié, le procureur de la République de Rodez.

Ce dernier a tenu une conférence de presse samedi matin lors de laquelle il a expliqué que le policier Benoît Vautrin venait de contrôler avec ses jumelles un véhicule circulant à 95 km/heure sur une route limitée à 50 km/heures. A la vue du contrôle de police qui suivait, le conducteur a alors effectué un demi tour à très vive allure et a heurté Benoît Vautrin, projeté à plusieurs mètres de hauteur, avant de retomber sur la chaussée 60 mètres plus loin, sous les yeux de plusieurs autres policiers. Après le choc, le conducteur, un homme âgé de 27 ans, s'est arrêté de lui-même. Ancien pompier, il a tenté de porter secours à sa victime. Les deux occupants du véhicule ont ensuite été interpellés et placés en garde à vue.

Le choc a été "extrêmement violent". "Il n'y a aucune trace de freinage", a expliqué le procureur.

Les précisions du procureur de la République

Le chauffard, déjà connu des services de police pour conduite sous emprise de stupéfiants, prétend avoir voulu échapper au contrôle parce que les pneus de sa voiture étaient lisses. Il affirme également avoir voulu éviter le policier. Des analyses de son sang sont en cours. Il sera présenté dimanche au pôle criminel de l'instruction de Montpellier qui décidera des chefs de sa mise en examen.

Après ce drame, dès vendredi, les réactions du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur n'avaient pas tardé. 

Le Premier ministre Manuel Valls a exprimé son "immense tristesse après ce drame d'Aubin qui arrache à la vie un jeune policier." "Je pense à sa famille, ses collègues", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a lui aussi fait part de "sa tristesse et de son indignation".

"Ils devront répondre de leur acte d'une extrême gravité devant la justice". "Lorsque des actes aussi graves sont commis à l'encontre des forces de l'ordre il faut que la justice puisse passer dans des conditions extrêmement rapides", a-t-il ajouté. 

Dans un communiqué national, le syndicat SGP Unité FO "condamne fortement cette lâche agression commise par un délinquant routier". Pour le syndicat de police, il s'agit d'un "homicide" et il demande que le conducteur soit "condamné à la hauteur du crime commis". Le syndicat souligne que ces faits mettent "en exergue les difficultés et la dangerosité du métier de policier".

Bernard Cazeneuve a rappelé, de son côté, que "chaque jour, des policiers mettent leur vie en danger pour protéger celle des Français. Ils méritent à cet égard notre respect et notre profonde gratitude".  Le ministre de l'Intérieur a adressé "ses condoléances et son entier soutien à la famille de la victime et à ses proches, ainsi qu'à ses collègues de la Circonscription de Sécurité Publique de Decazeville".

Le fonctionnaire de police Benoît Vautrin était originaire d'Albi. En poste en région parisienne, il venait d'être muté, en septembre dernier, à Decazeville". Marié, il était père d'une fillette d'un an.

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