Législative de Béziers : le test politique national ?

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Les électeurs de Béziers iront-ils voter ce dimanche ? La socialiste Dolorés Roqué arrivée en tête en juin repart. L'UMP Elie Aboud devra faire avec la querelle des chefs et le FN avec France Jamet espère bien compter.

Trois élections législatives partielles, en région parisienne et dans l'Hérault, diront dimanche l'humeur des Français, apparemment portés au désenchantement: un exécutif impopulaire, sur fond de déprime économique et sociale, et un parti d'opposition,
l'UMP, neutralisé par ses déchirements internes.
Les scrutins des 10 et 17 juin ayant été annulés pour des irrégularités par le Conseil constitutionnel, les électeurs de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, de la 1ere du Val-de-Marne et de la 6e de l'Hérault sont à nouveau convoqués aux urnes.
Deux des élus sortants sont UMP, la troisième est socialiste. Pour cette raison, "c'est peut-être l'UMP qui a le plus à perdre", selon le politologue Frédéric Dabi, de l'Ifop.



Test ?

Les spécialistes de la carte électorale hésitent à parler de test. "Compte tenu de l'extrême hétérogénéité des situations locales, il serait hasardeux de donner une traduction nationale de ces votes, sur le thème: pour ou contre l'exécutif", affirme M. Dabi.
"Les élections partielles font de moins en moins figure de test, surtout quand elles ne sont pas emblématiques", abonde Emmanuel Rivière (TNS Sofres).
Seul le scrutin des Hauts-de-Seine, où se représente Patrick Devedjian, président du conseil général et ancien ministre, vient nuancer ce jugement, d'autant que des dirigeants nationaux sont allés y soutenir leur poulain.

  Le FN en embuscade à Béziers

Dans l'Hérault, la socialiste Dolorès Roqué, vainqueur avec dix voix d'avance de l'UMP Elie Aboud, sera en danger.
Dans cette circonscription (Béziers), on suivra aussi le score du Front national, dont le candidat (20,4%) s'était hissé en juin dans une triangulaire. "La colère des sympathisants va-t-elle entraîner, et dans quelle mesure, un transfert de votes vers le FN ?", s'interroge Frédéric Dabi.



Selon Emmanuel Rivière, ces consultations seront "d'abord un test pour la politique" car "le climat actuel est plutôt au renforcement du sentiment que, décidément, les politiques sont indécrottables". Le dernier baromètre de TNS Sofres pour Le Figaro Magazine montre une forte chute de l'image des personnalités et partis politiques, à l'exception notable du Front national de Marine Le Pen.

Dès lors, redoute le politologue, "le principal mécanisme de défense risque d'être une très forte abstention". Dans un tel contexte, "40% de participation serait un niveau satisfaisant".