Une falaise effondrée empoisonne la vie des habitants d'un village du Lot, ils doivent faire un détour de 20 minutes

La situation dure depuis 4 mois et provoque bien des crispations. A Arcambal, une commune située à 15 km à l’est de Cahors, dans le Lot, un éboulement bloque une route communale, principale voie d’accès pour les habitants. 
La route communale coupée entre le lieu-dit Pasturat et Saint-Géry, dans le Lot
La route communale coupée entre le lieu-dit Pasturat et Saint-Géry, dans le Lot © Anne-Marie Charazac
L’éboulement d’une falaise, quelques cailloux en travers d’une route et c’est tout le quotidien d’une trentaine d’habitants de la commune d’Arcambal, dans le Lot, qui vire au casse-tête. "Cela fait 4 mois qu’on est bloqués à cause de 3 cailloux !" : Anne-Marie Charazac, gérante de gîtes d’étape et chambres d’hôtes au lieu-dit Pasturat ne décolère pas.

Il faut qu’on travaille, on en a besoin après le confinement. Là, au lieu des 2 km pour rejoindre les commerces, le médecin, la pharmacie à Saint-Géry, la commune voisine, on doit faire un grand détour de près de 12 km. Quant aux clients, la route départementale étant bloquée, eux ne vont pas faire le détour.

Anne-Marie Charazac Gérante de gîtes d’étape


Cela fait effectivement plus de quatre mois que les habitants du lieu-dit Pasturat, qui dépend de la commune d’Arcambal dans le Lot, sont dans cette situation.

Le 12 mars dernier, avant le confinement, un bout de falaise s’est effondré sur la route qui sépare le hameau et la commune toute proche de Saint-Géry où se situent tous les commerces. Depuis, la voie communale (rue de Saint-Géry), qui relie le hameau de Pasturat et la Départementale 10, est interdite à la circulation.

Bras de fer entre la propriétaire et la mairie

La falaise en question se trouve sur une propriété privée. Le maire a bel et bien sollicité la propriétaire pour qu’elle entame des travaux, fasse purger la falaise et déblayer la route après l’éboulement. Mais cette dernière n’est pas intervenue et conteste même l’analyse du maire. Car à deux reprises par le passé, après deux effondrements, la propriétaire avait été déboutée de toute responsabilité.

D’ici 10 jours, la route devrait être dégagée

A la demande du maire, Jérôme Diesch, (dont c’est le premier mandat à ce poste mais qui était auparavant conseiller puis maire adjoint) une entreprise spécialisée de Perpignan doit intervenir la semaine prochaine. La route devrait être dégagée d’ici une dizaine de jours au plus tard. "La mairie va avancer les frais pour rétablir la circulation, je sais que la situation n’a que trop durer mais on a suivi les procédures et notamment mis en demeure la propriétaire."
Des travaux pour un coût total d’environ 5000 euros : 2500 euros pour évacuer les gravats, à la charge de l’assureur de la propriétaire et 2500 euros payés par la mairie pour purger la zone de l’éboulis. 

"On ne peut pas ignorer le danger."

Le maire ne veut pas en rester là. Dans un courrier adressé aux habitants, il précise qu’une expertise a conclu à une situation de péril imminent .

Le courrier du maire envoyé aux habitants

"L’expert a préconisé une étude géologique de la falaise et la mise en œuvre des travaux qui seront suggérés dans cette étude. Il faut sécuriser les lieux sur le long terme." Après plusieurs mois d’échanges infructueux, le maire d’Arcambal a rendez-vous dans les prochains jours avec la propriétaire et son avocat. 

 
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