Lot : les résidents de l'Ehpad d'Aubié à Saint-Ceré racontent comment ils ont vécu le confinement

Dans l'Ehpad Pré d'Aubié à Saint-Céré dans le Lot, le confinement et la crise sanitaire liée au coronavirus n'ont pas été vécus de la même façon par tous les résidents. La moitié a été testée positive au coronavirus, cinq sont décédés. Certains craignent une nouvelle vague, d'autres pas vraiment.

La moitié des 32 résidents de l'EHPAD Pré d'Aubié à Saint-Céré a été testée positive au coronavirus. Dans cet établissement, le confinement a été plus ou moins bien vécu.
La moitié des 32 résidents de l'EHPAD Pré d'Aubié à Saint-Céré a été testée positive au coronavirus. Dans cet établissement, le confinement a été plus ou moins bien vécu. © FTV
Deux mois après le déconfinement, les aînés d'un Ehapd du nord du lot se confient. Les 32 résidents de Pré d'Aubrié à Saint-Céré dans le Lot ont été confinés dans leur chambre. Hormis le fait de ne pas manger en compagnie des autres habitants, pour ces personnes âgées le plus difficile a été de ne plus voir leur famille. Et encore aujourd'hui, de ne pas pouvoir les embrasser. 

Manque des proches

Pendant le confinement passé dans sa chambre, Raymonde Lafage, 90 ans, a tué le temps "avec la télé et les livres". Interdiction pour ses enfants de venir la voir. C'est surtout ça qu'elle retient. 
 

La famille nous manquait, autrement on était bien. Quand je pouvais voir mes enfants, même quand ils étaient dehors et moi dedans, ça me faisait du bien déjà. Et quand on a pu se retrouver vraiment, on était très contents parce qu'avant ça on se demandait s'ils étaient en vie ou pas... 

Raymonde Lafage, résidente à l'Ehpad de Saint-Céré


Désormais elle sait que toute sa famille va bien, même sa petite fille d'un mois. Tous se revoient, mais sans s'embrasser. "Il faut être prudent" remarque Raymonde. Et de conclure : "mais juste leur regard déjà, ça aide beaucoup de les voir".

Perte de voisins de chambre

Dans cet établissement lotois, la moitié des résidents a été testée positive au coronavirus et cinq personnes sont décédées. Un vide qui marque encore aujourd'hui Nicole Bossut, 86 ans. 
 

C'est difficile. C'est des personnes qu'on côtoyait tous les jours et qu'on ne voit plus, qu'on a vu partir. On voyait les pompes funèbres tous les jours. C'était pas bien gai.

Nicole Bossut, résidente à l'Ehpad Saint-Céré

 
Nicole salue le travail des employés de l'Ehpad où elle réside : "ils se sont bien occupés de nous et ne nous ont pas abandonnés". Néanmoins elle reconnait que les journées ont été longues pendant le confinement.
Nicole salue le travail des employés de l'Ehpad où elle réside : "ils se sont bien occupés de nous et ne nous ont pas abandonnés". Néanmoins elle reconnait que les journées ont été longues pendant le confinement. © FTV

Crainte d'une deuxième vague

C'est surtout le souvenir des pompes funèbres qui surgit dans les pensées de l'octogénaire quand on évoque avec elle une seconde vague. 
 

Disons qu'on ne voudrait pas être de nouveau touché. On a survécu à la première vague, on se demande si la deuxième ne sera pas pour nous. Cela nous a quand même fatigué cette première vague. Pour l'instant on ne peut qu'attendre et espérer.

Nicole Bossut, résidente à l'Ehpad de Saint-Céré


Raymonde quant à elle n'exprime pas de peur mais "seulement des doutes". "Jusque-là le virus nous a contournés. Et j'ai été porteuse ! Donc une nouvelle vague c'est quand même inquiétant". Et de reprendre : "Je suis prête à l'affronter, vous savez à mon âge ça m'est égal!"
 

La vie comme elle vient


Pour les aînés de cet Ehpad, le déconfinement représente surtout (enfin), un retour à la normale. Marie-Thérèse Landes, 88 ans, souligne la bienveillance du personnel pendant le confinement : "On était servies comme des princesses ! Il n'y a pas eu de problème". Et d'ajouter :"mais à la fin du confinement, on avait quand même hâte. C'est bien de pouvoir sortir." Marie-Thérèse a été testée positive au Covid-19 mais ne s'inquiète pas pour autant : 
 

J'ai porté le virus mais à mon âge on ne fait pas d'histoires pour quelque chose comme ça. L'hôpital, la maladie, ça vient de temps en temps, alors il faut se faire une raison. Je suis devenue fataliste, j'accepte le temps comme il vient.

Marie-Thérèse Landes, résidente à l'Ehpad de Saint-Céré

A 103 ans, l’aîné de la maison de retraite, André Vidal, ne s'en fait pas non plus. "La guerre, la captivité... Je suis passé par tout et je suis encore là. C'est déjà une chance, tous ne sont pas revenus" se souvient-il. Alors pour lui c'est clair, ce n'est pas un virus qui aura raison de lui.
​​​​​​​A 103 ans, l’aîné de la maison de retraite, André, ne s'en fait pas non plus. "La guerre, la captivité ... je suis passé par tout, et je suis encore là. C'est déjà une chance, tous ne sont pas revenus" se souvient-il. Alors pour lui c'est clair, le virus n'a rien de très effrayant.
​​​​​​​A 103 ans, l’aîné de la maison de retraite, André, ne s'en fait pas non plus. "La guerre, la captivité ... je suis passé par tout, et je suis encore là. C'est déjà une chance, tous ne sont pas revenus" se souvient-il. Alors pour lui c'est clair, le virus n'a rien de très effrayant. © FTV
Jeanine Crouzol, 93 ans, est moins préoccupée par sa santé que par celle de ses proches. "Je prends la vie comme elle vient" affirme-t-elle. "Il y a des jours avec des angoisses et des jours sans". Et de conclure : 
 

Quand vous arrivez à mon âge vous finissez par vous habituer aux bonnes choses et aux mauvaises. A quoi ça sert de se plaindre ? Ca n'enlève pas le mal. 

Janine Crouzol, résidente de l'Ehpad de Saint-Céré

La vie a repris son cours à la maison de retraite de Saint-Céré, avec cinq résidents en moins. Quant aux autres, ils revoient leurs proches, tout en respectant la distanciation sociale. 

En video le reportage d'Eric Marlot et Jean-Pierre Jauze : 
 
Lot : les résidents de l'Ehpad de Saint-Ceré racontent comment ils ont vécu le confinement

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