Mort d'une étudiante originaire du Lot : l'homme qui avait laissé conduire son ami ivre a été relaxé

La jeune femme avait été tuée en 2012 dans une collision frontale en Loire-Atlantique par un chauffard à contresens sur une 4 voies avec 2,31 grammes d'alcool dans le sens. Le passager, ivre également, a été relaxé des charges d'homicide involontaire. 

Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a relaxé mardi un homme de 38 ans qui était jugé pour "homicide involontaire" après avoir laissé conduire un ami ivre, à l'origine ensuite d'un accident mortel.

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2012, le prévenu s'était fait reconduire à son domicile par un ami avec qui il avait passé une partie de l'après-midi et la soirée à boire de l'alcool. Le conducteur, quadragénaire, avait repris le volant, avec 2,31 grammes d'alcool dans le sang, et était décédé dans une collision frontale à Montoir-de-Bretagne aux alentours de deux heures du matin, alors qu'il roulait à contresens sur une deux fois deux voies, causant également la mort d'une étudiante de 23 ans, originaire du Lot. La famille de Charlotte Lagache a monté une association et un site pour la mémoire de la jeune fille. 

Le passager du véhicule percuté avait quant à lui été gravement blessé. Lors de l'audience, le 20 janvier, la procureure de la République, Fabienne Bonnet, n'avait pas requis de peine à l'encontre du prévenu, au "comportement (...) moralement condamnable", mais qui n'avait pas commis "de faute caractérisée (...) au vu de la jurisprudence actuelle".

"Doit-on exiger de tout citoyen qui se retrouve seul un soir avec quelqu'un qui a bu et qui veut prendre le volant, qu'on est soi-même ivre, doit-on exiger de tout mettre en oeuvre, y compris à ses risques et périls, pour l'empêcher de conduire ?" avait questionné la représentante du ministère public.

"Mon client n'était pas en capacité, ni physique, ni morale, d'empêcher quoi que ce soit", étant ivre lui-même, avait plaidé l'avocate du prévenu, Me Miriem Azdem-Delaere.

Dans une affaire similaire, la cour d'appel de Montpellier a condamné le 5 février à 18 mois de prison avec sursis un homme qui avait laissé conduire un ami ivre, qui avait ensuite fauché et tué une étudiante de 18 ans, infirmant ainsi le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Montpellier, en mars 2014, de le condamner à douze mois de prison, dont six ferme.