Les éleveurs de Lozère face à la chute mondiale des cours du lait

Le lait de la traite / © France 3 LR
Le lait de la traite / © France 3 LR

Les producteurs de lait éprouvent de graves difficultés du fait de la chute des cours français et mondiaux. Des difficultés de trésorerie cruciales pour les petites exploitations lozériennes. Reportage à Grandrieu en Margeride.

Par Laurence Creusot


C’est une crise sans précédent qui se profile pour les producteurs de lait français. Le secteur enregistre un effondrement spectaculaire des cours depuis le début de l’année, au point de mettre à mal les plus petites exploitations.
Les producteurs de lait sont "en danger immédiat" du fait de la chute des cours français et mondiaux, selon la fédération nationale des producteurs de lait.
Pour Marie-Thérèse Bonneau vice-présidente de la FNPL : "il nous a manqué 30 euros/1.000 litres par mois sur l'ensemble du premier semestre".

Les raisons de la crise

Plusieurs facteurs ont contribué à faire chuter les cours mondiaux du lait et particulièrement ceux de l'Europe, qui étaient pourtant orientés à la hausse en 2014, dont la fin des quotas en Europe, l'embargo russe sur l'agroalimentaire occidental décrété en août 2014 et une moindre demande chinoise.
Alors que la production mondiale de lait a augmenté l'an dernier de 2,5% (+ 20 millions de tonnes selon les estimations de l'Institut de l'élevage, Idele) le lait destiné à la production fromagère pour le marché russe a été transformé en beurre et poudre, à un moment où la demande chinoise était moins forte, toujours selon la FNPL.

Répercussions en Lozère

La Lozère, où la taille des entreprises est critique dans ce contexte, est frappée de plein de fouet par cette nouvelle crise du lait.
Vianney Belin, jeune agriculteur installé en Gaec, à Grandrieu dans le nord de la Lozère estime avoir perdu 60 euros par tonne de lait.
Crise du lait : témoignage d'un éleveur lozèrien
Reportage à Grandrieu : S.Banus/Y.Le Teurnier

La FNPL a invité récemment la grande distribution et les industriels français à renégocier les prix d'achat du lait aux producteurs, ainsi que le prévoit la loi Hamon en cas de forte variation du cours des matières premières.
"Ce qu'on appelle la clause de survie des éleveurs", rappelle la FNPL, qui souhaite "un signal prix ostensible dès le mois de juillet".

Sur le même sujet

Max Brail, maire de Lastours, regrette le manque de soutien de la part de l'Etat

Les + Lus