Lozère : un jeune incendiaire condamné à Mende pour avoir voulu "nettoyer par le feu" les Cévennes

Un homme a été condamné à deux ans de prison, dont six mois ferme, par le tribunal de Mende, pour avoir provoqué une trentaine de feux de forêts et d'incendies dans les Cévennes qu'il voulait "nettoyer par le feu".

Les magistrats du tribunal de Mende ont suivi les réquisitions du parquet, ils ont condamné le jeune homme âgé d'une vingtaine d'années à deux ans de prison, dont six mois ferme. Une peine qu'il a déjà effectuée lors de sa détention provisoire après son arrestation en avril 2020.
Ils ont assorti cette sanction 
d'une mesure de cinq ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins.

Une trentaine d'incendies volontaires en 2 ans

Entre 2018 et 2020, le prévenu a mis le feu à des zones boisées, à des containers à déchets et à un véhicule. S'il ne restait pas sur place pour observer le résultat, il en étudiait en revanche le compte-rendu dans la presse locale, selon l'enquête des gendarmes de la brigade de recherche de Mende évoquée à l'audience.

Hors préjudice écologique, ces incendies ont détruit des biens pour un montant de plus de 66.000 euros, tandis que les frais d'interventions des pompiers se montent à 27.900 euros.

Le procureur de la République, Vincent Blériot, a souligné les lourdes conséquences en matière de destruction de la faune et de la flore, pointant notamment la destruction en février 2020 de 50 hectares d'une forêt méditerranéenne de 3e génération, "un vrai petit trésor écologique", en plein coeur du Parc national des Cévennes.

Responsable mais pas coupable, incendiaire mais pas pyromane

Le jeune homme, qui reconnaît les faits mais refuse le qualificatif de "pyromane",
a expliqué à la barre avoir "cédé à des pulsions irrépressibles", évoquant une
"incapacité à se maîtriser en voyant de la végétation".
Il a aussi fait allusion à la sévérité d'un grand-père qui l'obligeait sans cesse à nettoyer, ce qui l'aurait poussé à un besoin "de nettoyer" par le feu.

Selon l'expert psychiatre qui l'a examiné, il s'agit d'un "trouble psychique ou
neurologique ayant altéré son discernement".

Le procureur, tout en reconnaissant cette altération du discernement, a souligné que cela ne l'avait néanmoins pas empêché de préparer ses actes en emportant allumettes et bidons d'essence.

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