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Procès de l'ancien directeur de la Poste et de son co-accusé : quand la morale s'invite dans les débats

La salle d'audience du palais de justice d'Albi. / © France 3 Occitanie
La salle d'audience du palais de justice d'Albi. / © France 3 Occitanie

Il a beaucoup été question de la moralité de Redouane Ikil, ce mardi 2 juillet 2019, 3ème jour du procès en appel de l'ancien directeur d'agence bancaire et de son co-accusé Fabien Djtecha, jugés par la cour d'assises du Tarn pour le braquage de deux agences postales en 2012 et 2013.

Par Marie Martin

Redouane Ikil est-il un "honnête homme" ? L'accusation ne le croit pas.

Outre les faits qui lui sont reprochés, les parties civiles et l'avocat général ont à coeur de démontrer aux jurés que l'ancien directeur d'agences postales n'était pas irréprochable.

Ses boîtes de nuit, ses relations avec le milieu de la boxe, son frère passé en prison pour trafic de stupéfiants ont déjà été évoqués devant la cour d'assises du Tarn, depuis l'ouverture du procès le 28 juin 2019.
 

L'usage d'un téléphone par Redouane Ikil pendant sa détention a fait l'objet de vifs débats lundi 1er juillet. Et ce mardi, une nouvelle pièce, jointe au dossier par l'avocat général, a relancé la question. 

Redouane Ikil, désormais au chômage, a fourni à une agence immobilière un lot de faux papiers (bulletins de salaire et attestation employeur) dans le but de pouvoir louer un logement. Des faits non encore jugés mais qui font irruption dans les débats présents.

Le président de la cour d'assises en profite pour revenir sur ce fameux téléphone portable utilisé en prison. Et sur ce SMS envoyé indirectement à un témoin pour lui faire changer son témoignage.
Est-ce moral ?, demande un avocat de la partie civile."Vous croyez que la morale existe encore après 36 mois de détention ?", lui répond maître Edouard Martial, avocat de Redouane Ikil. C'est reparti pour les échanges musclés.
 

"Oui, oui, oui, oui !", crie le président.
"La morale est essentielle", explique une avocate de la partie civile. "Elle fait partie de notre déontologie. Et on doit la faire passer à nos clients".
"Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse, ce que vous pensez ?", tempête maître Martial. "Quelle image, quelle image...", se désole la partie adverse. 

Mais les choses n'en restent pas là. Maître Alexandre Martin, avocat de l'ancien directeur de la Poste, n'aime pas le ton employé par sa consoeur. "D'où vous me donnez des leçons ! Vertu, morale, déontologie, vous êtes tout, vous !"

"C'est intéressant, cet échange", sourit le président. Il se tourne à nouveau vers Redouane Ikil : "Pour vous, la fin justifie les moyens, M. Ikil ?"
"Je n'ai pas trouvé d'autres moyens. J'étais un innocent en prison".

Un témoin important ne s'est pas présenté. Ses auditions sont lues par le président. Il s'agit d'un ami d'Abdelhakim Ikil, le frère de l'accusé. Il a expliqué qu'Abdelhakim lui avait raconté les braquages. Mais Abdelhakim, un temps incarcéré, a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire. Ce que ne manque pas de rappeler la défense. "Ce témoin n'a même pas été cité en première instance, ni par le parquet, ni par les parties civiles !", précise maître Martin.

Ses adversaires tentent de lui couper la parole : "Oh, je peux parler, oui ?", s'exclame-t-il. "On peut s'interpeller de manière plus élégante, maître", lui signale le président. Maître Martin souffle : "Au bout d'un moment, l'élégance, vous savez..."

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